C’est presque l’hiver et le froid glacial commence lentement à envahir les rues, les places et les parcs. La chance d’avoir un chauffage n’est pas partagée par tous.


Au moins 323 personnes sans domicile sont mortes en 2016. Le collectif Les Morts de la rue publie la liste de leurs noms « pour les honorer », mais reconnaît que ses informations, recueillies auprès de particuliers, d’associations, de médias et d’institutions, « ne sont pas exhaustives », et le nombre de 323 est peut-être largement sous-estimé. Selon le recensement de l’association, les personnes décédées ont en moyenne 48,2 ans.

« Ils sont probablement six fois plus », ajoute l’association, mais ces données « non scientifiques »  sont les seuls nombres disponibles concernant la mort des personnes sans domicile. Le collectif s’efforce d’ailleurs de donner des précisions sur chaque la personne décédée, comme le prénom, l’âge, le lieu et la date du décès, afin d’aider d’éventuels proches à identifier les victimes.

Le chiffre de l’année 2016 est pour le moment arrêté au 26 octobre et pourrait donc encore augmenter d’ici la fin de l’année. Toujours selon Les Morts de la rue, 498 SDF sont morts en 2015 et 513 en 2014.

Selon le rapport 2016 sur l’état du mal-logement en France publié par la fondation Abbé Pierre, il y aurait au moins 2 000 morts dans la rue chaque année ; surtout à cause de maladies respiratoires et digestives, de troubles d’alimentation et de maladies de la peau.

En outre, toujours selon le document, 12 millions de personnes vivent dans une situation de fragilité par rapport au logement et 3,8 millions sont mal-logés ou sans logement personnel. De plus, le nombre de SDF aurait connu une augmentation de 50 % entre 2001 et 2012. Pour ne rien arranger, selon la fondation Abbé Pierre, le gouvernement ne s’engagerait pas à organiser des mesures drastiques et à long terme pour résoudre ce genre de problématique sociale : les démarches sont lentes et peu efficaces.

« Il suffirait que moins d’un tiers des foyers héberge un sans-abri, 1 seule nuit par an, pour qu’il n’y ait jamais plus personne dormant dehors en France« 

C’est le constat de Pascal Pistone, 45 ans, pianiste, docteur et professeur en musicologie à Bordeaux et très engagé dans l’humanitaire. Son crédo : ne pas rester impuissant face à la détresse humaine.

C’est lui qui a eu l’idée de lancer cette application. Après des mois de réflexion et avec l’aide d’informaticiens bénévoles séduits par son projet, « Merci pour l’invit » a vu le jour mardi 8 novembre.

L’idée est de mettre en relation des hébergeurs volontaires et des sans-abris. Mais pas seulement. Les volontaires proposent ce qu’ils ont ou ce qu’ils peuvent offrir : un lit, un café, un repas, pourquoi pas un studio de façon ponctuelle… Tout ce qui peut permettre de créer du lien social.

Sur la page du site web de l’application, on peut lire le témoignage de Delphine :

« J’ai offert un café en terrasse à Dominique qui faisait la manche. J’ai discuté 20 mn avec lui. Il a dit que cela allait égayer toute sa journée. »

« Ceux qu’il faut rassurer, ce sont les sans-abris » explique Pascal Pistone. Ils ont en effet parfois du mal à accepter de l’aide. « L’idée c’est d’abord de se contacter, s’appeler, boire un café éventuellement et peur-être, si votre chambre d’ami se libère une nuit ou deux, vous proposez une invitation ».

Pascale Pistone assure avoir déjà reçu de nombreuses propositions de personnes intéressées pour aider des sans abris par l’intermédiaire de son application.

Il a fait son calcul : si 10% des français accueillaient un sans-abri trois nuits par an, il n’y aurait plus personne dans la rue en France.

D’autres apps similaires ont été lancées, comme par exemple Homeless Plus qui géolocalise les sans-abris et identifie leur besoin et leur bien-être, toujours à travers l’appui d’un réseau social de bénévoles. Cette application est gratuite et disponible sur iOS et Android.

Ainsi, si l’on veut faire quelque-chose d’important pour quelqu’un de moins chanceux que nous cette année, il y a déjà de bonnes options pour commencer.

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Ils se mobilisent pour aider les SDF et les familles pauvres

Ce samedi 19 novembre 2016, les SDF de Mantes-la-Jolie ont rendez-vous à 19 heures au pied de la collégiale pour un repas chaud et une dose d’humanité. Une association baptisée Mantes-Espoir vient de se créer pour venir en aide aux sans-abri de la commune, ainsi qu’aux familles pauvres. Ses membres ont prévu de servir une centaine de repas. Selon leur estimation, il y aurait entre 60 et 90 SDF dans la commune.

L’originalité de cette opération réside dans le profil de la douzaine de personnes qui composent l’association. Il s’agit bien souvent de jeunes de tous horizons, issus de la région mantaise, et qui mettent à contribution leur réseau, leur tissu de connaissances, leurs relations professionnelles et familiales pour récupérer des aides pour les sans-abri. « Je travaille dans l’événementiel et dans le cadre de mon métier, je rencontre beaucoup de monde, témoigne Allel, le trésorier. Je n’hésite pas à demander à mes relations un coup de main financier, je place des tirelires dans les restaurants et autres établissements pour récolter un peu de monnaie. »

Des appels ont été lancés sur les réseaux sociaux, une collecte organisée sur Internet a permis de récolter 450 €. Le bouche-à-oreille a tourné à plein régime également, notamment dans les quartiers populaires comme le Val-Fourré. La municipalité apporte elle aussi un soutien en prêtant les barnums pour la distribution des repas. « L’association a permis de donner de la cohésion à nos réseaux. Une cinquantaine de personnes sont plus ou moins mobilisées sur l’opération de samedi soir », se félicite Addil Chafaoui, vice-président de Mantes-espoir. Les repas seront préparés ce samedi après-midi par les membres de l’association au centre de vie sociale Aimé-Césaire, au cœur du Val-Fourré. Au menu : poulet en sauce, riz, légumes. L’objectif est de répéter ces distributions tous les mois. Dans le même temps, l’association va suivre une quinzaine de familles du Mantois dans le besoin.

À Detroit, une femme a lancé la fabrication de duvets pour les sans-abri

Parfois une idée simple peut sauver des vies.

On parle peu du nombre effrayant de SDF aux États-Unis. D’après la National Alliance to End Homelessness in America, près d’un demi-million de personnes vivaient dans la rue en 2015. Si ce nombre connaît une baisse, il reste très important.

Veronika Scott, une entrepreneuse, a voulu faire quelque chose pour le quotidien des SDF, après un cours qui l’a poussée à s’engager pour aider dans son quartier de Detroit.

Après avoir passé de nombreuses heures dans les centres d’accueil, Veronika Scott s’est rendu compte que beaucoup des personnes dans la rue avaient plus envie d’un travail que d’une simple aide matérielle. Avec le soutien de donateurs, elle a lancé The Empowerment Plan.

Depuis la création de cette association, Veronika Scott et son équipe ont non seulement aidé des SDF en leur apportant de la nourriture mais ils ont également réussi à donner des emplois à des femmes sans-abri.

Habitante de Detroit, Veronika Scott sait que l’hiver est souvent rude. Elle a donc également décidé d’employer d’anciennes femmes sans-abri pour leur faire fabriquer et distribuer des manteaux aux SDF de Detroit.

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Mais ces manteaux sont particuliers. Ils se transforment en sacs de couchage. La journée, on peut les porter pour se maintenir au chaud. Et pour ceux qui ne savent pas où dormir, le manteau se transforme la nuit en sac de couchage.

(© The Empowerment Plan)

Veronika Scott et ses acolytes permettent ainsi de changer la vie de centaines de femmes. En faisant fabriquer ces manteaux, l’entrepreneuse donne une chance aux femmes sans-abri de sortir de la rue et de trouver un emploi.

Si vous souhaitez participer à ce projet et aider ces femmes, vous pouvez vous rendre sur ce site pour faire des dons financiers et permettre à ces femmes de retrouver une vie meilleure.

Pour en savoir plus sur le projet incroyable de Veronika Scott, regardez la vidéo ci-dessous :

Lire aussi : 9 initiatives de bons samaritains pour aider les sans-abri à mieux survivre dans l’enfer de la rue

 

 


Sources: francetvinfo.fr / france3-regions.francetvinfo.fr / numerama.com / konbini.com / leparisien.fr

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