Chérie Carter-Scott : « Si, au cours des vingt-cinq dernières années, vous avez croisé sur votre route les règles que j’énonce ici, si vous les avez photocopiées et communiquées à votre entourage; si vous les avez utilisées pour un séminaire, pour un cours, dans une brochure ou sur un site internet; si vous les avez encadrées et accrochées au mur, rangées dans un tiroir, où fixées sur la porte de votre réfrigérateur; si, en lisant ces lignes aujourd’hui, vous les reconnaissez avec un sourire de connivence, alors c’est à vous que je dédicace ce livre, ainsi qu’à tous ceux qui ont aimé ces règles de vie. Ce livre vise à être un soutien, pour vous et pour ceux que vous aimez, au cours de votre séjour ici-bas. Utilisez-le pour parvenir à un plus haut degré de conscience. Mes vœux vous accompagnent. » 


« La vie est une succession de leçons qu’il faut avoir vécues pour comprendre » – Helen Keller

On compare souvent la vie à un jeu. Mais on ne nous en donne pas les règles. Nous nous retrouvons un beau jour à la case « départ », contraints de jeter les dés et d’avancer notre pion dans la direction qui nous semble la bonne, sans avoir reçu d’instructions précises. Le but du jeu reste vague, et nous savons à peine en quoi consiste la victoire.

C’est le propos même de cet ouvrage, qui vous offre dix règles simples pour jouer correctement au jeu de la vie, et pour comprendre un peu mieux ce que représente l’être humain. Il existe des vérités universelles que chacun perçoit confusément en son for intérieur, mais que nous avons tous tendance à oublier. Elles constituent pourtant la base d’une vie digne de ce nom.

Chaque règle implique un défi. Relever ce défi amène à apprendre un certain nombre de leçons indispensables au développement de notre personnalité. Une « leçon » est l’enseignement que nous apporte les problèmes auxquels nous sommes confrontés et que nous parvenons à surmonter. Les leçons à retenir sont aussi différentes que les individus qui peuplent la planète. Sachez aussi que le même problème se représentera aussi souvent que nécessaire, tant que la leçon à laquelle il correspond ne sera pas assimilée.

Ces dix commandements d’un genre nouveau n’ont rien d’une formule magique, ni d’une méthode pour atteindre la sérénité. Ils ne vous aideront pas à guérir miraculeusement vos blessures émotionnelles ou spirituelles, ni à parvenir à la sagesse sur un claquement de doigts. Mieux vaut les comparer à une bonne carte destinée à un randonneur soucieux de ne pas se perdre.

Sachez enfin que ce sont des règles de vie, et non pas des lois qui vous imposent ce que vous devez faire ou ne pas faire, ce que vous devez penser ou ne pas penser. Au contraire, grâce au supplément de sagesse à laquelle elles vous permettront d’accéder, elles vous offriront la liberté.

Règles n°1

Apprenons à vivre avec notre corps

Le corps que vous avez reçu en partage restera le vôtre toute votre existence. A vous de l’aimer ou de le haïr.

A la minute où vous êtes venu au monde, vous avez reçu un corps et, que vous le vouliez ou non, c’est ce corps qui abritera votre esprit jusqu’à la fin de vos jours. Votre personnalité y habite, avec tous les espoirs, les rêves, les peurs, les aspirations, les pensées et les convictions qui font de vous un être unique et irremplaçable. L’esprit et le corps sont appelés à faire ensemble tout le voyage, et pourtant il s’agit de deux entités bien distinctes.

La destination de votre enveloppe charnelle est de servir de tampon entre votre être intime et le monde extérieur, et de vous transporter à travers l’existence. C’est aussi grâce à lui que vous apprendrez quelques-unes des leçons les plus fondamentales de la condition humaine. Si vous êtes attentif aux enseignements et aux cadeaux que votre corps vous offre, vous n’en serez que mieux préparé à conquérir la sagesse et la paix. C’est grâce à lui que vous accéderez aux connaissances de base qui vous permettront de progresser.

Le corps que vous avez reçu en partage restera le vôtre pendant toute votre existence, de votre premier souffle à votre dernier soupir. Libre à vous de l’aimer ou de le haïr, de l’accepter ou de le rejeter. Cependant, sachant que le grand marché de la vie n’a prévu ni échange ni remboursement, il paraît raisonnable de ne pas le considérer comme un banal récipient, mais plutôt comme un partenaire et un allié. La relation qui s’établira entre votre corps et votre esprit est essentielle. C’est sur ce modèle que se forgeront tous vos rapports avec autrui.

Chacun de nous entretient avec son corps des rapports différents. Certains le considèrent comme un écrin idéal, parfaitement adapté à leur esprit et à leur âme. D’autres ont le sentiment d’être pris au piège dans une enveloppe qui trahit leur vraie nature. Peut-être êtes-vous de ceux qui estiment que leur corps et leur esprit sont assortis. Ou peut-être êtes-vous mécontent de votre physique, parce que vous aimeriez être plus fort, plus mince, en meilleure santé, plus séduisant, moins maladroit… Peut-être même votre corps et votre esprit se sentent-ils étrangers l’un à l’autre, comme si un ouvrier distrait avait commis une erreur de montage. Peu importe votre opinion à son égard, ce corps est le vôtre, et votre relation mutuelle aura un impact considérable sur votre destin. L’objectif de la règle n°1 est de faire la paix avec son corps, de façon à ce qu’il remplisse convenablement son rôle. C’est la conditionsine qua non pour intégrer les notions indispensables d’acceptation, d’estime de soi, de respect et de plaisir. Tout individu doit faire siens ces principes de base avant d’entreprendre avec succès le voyage de la vie.

L’acceptation

« A mon avis, lorsque nous nous aimons vraiment et que nous nous acceptons tels que nous sommes, tout marche mieux. » Louise Hay

« L’acceptation est une vertu qui consiste à prendre du bon côté tout ce que la vie nous présente. Le corps, à cet égard, est le meilleur des professeurs. Il nous accompagne partout. Il peut donc être un soutien précieux ou une croix à porter ; la décision vous appartient. Et ce choix dépend de votre aptitude à apprendre cette première leçon. »

L’estime de soi

« Personne ne peut vous rabaisser sans votre consentement. » Eleanor Roosevelt

Se porter de l’estime, c’est penser que l’on est capable d’affronter les épreuves de la vie. Ce sentiment est aussi indispensable que l’air que nous respirons, et tout aussi peu tangible. Il vient des profondeurs de notre être et il transparaît à travers chacun de nos actes, du plus banal au plus sublime. C’est la pierre angulaire de notre psyché.

Si vous avez besoin de cultiver votre confiance en vous, les épreuves ne manqueront pas de se présenter, jusqu’à ce que vous soyez conscient de votre valeur. Votre corps lui-même vous offrira mille occasions de travailler sur le sujet, pendant toute la durée de votre vie. Il vous enseignera la leçon de l’estime en mettant à l’épreuve votre aptitude à donner le meilleur de vous-même, quelles que soient votre apparence et vos capacités physiques.

Le respect

« Votre corps est le véhicule qui vous transporte à travers la vie. Vous n’en aurez pas d’autre ici-bas. Aimez-le, respectez-le, chérissez-le et traitez-le bien. Il vous le rendra au centuple. » Susy Prudden

Respecter son corps, c’est ne rien négliger qui puisse contribuer à son bien-être. Traiter son corps avec respect, comme on le ferait de tout objet précieux et irremplaçable, est une condition essentielle de la vie.

Si vous respectez votre corps, vous faites équipe avec lui. Vous plongez en lui vos racines et vous acceptez tous les cadeaux qu’il vous fait. Le respect entraîne une synergie. Votre corps et votre esprit auront l’un pour l’autre les mêmes égards. Si vous traitez votre corps en ami, il réagira de même. Si vous vous obstinez à vous faire violence, il se dérobera, jusqu’à ce que vous ayez assimilé la leçon du respect.

Le plaisir

« Soyez heureux d’être vivant – ce n’est pas un péché » Bruce Springsteen

Le plaisir est la manifestation physique de la joie de vivre. Notre corps nous enseigne le plaisir par le biais de nos cinq sens. Lorsqu’on se laisse aller à une sensation agréable ou à une réaction de bien-être, le plaisir s’installe.

Si nous sommes attentifs aux messages de nos sens, nous goûtons pleinement la satisfaction d’être vivant.

Règle n°2

Acceptons les leçons qui se présentent

Nous sommes inscrits à l’école de la vie. C’est un emploi à temps plein. Chaque jour, l’occasion nous est donnée d’apprendre une leçon. Qu’elle nous plaise ou non, elle est inscrite au programme.

Que faisons-nous ici-bas ? Quel est notre objectif ? Les êtres humains s’interrogent depuis la nuit des temps sur le sens de la vie. Ce que nous avons tendance à oublier, toutefois, c’est que la réponse à cette question n’est pas forcément la même pour tous. A chacun sa vérité.

Chaque individu suit un chemin qui lui est propre, pour atteindre des objectifs différents. Chacun de nous est confronté à un certain nombre de leçons qui sont autant d’étapes obligées sur la voie de la sagesse. Ces leçons sont de nature différente selon les individus, mais elles constituent une clé indispensable pour qui veut découvrir le sens de sa vie et marcher dans la bonne direction.

Une fois assimilées les leçons de base que vous a enseignées votre propre corps, vous êtes prêt à affronter un professeur plus redoutable encore : le monde extérieur. Toute circonstance est une occasion supplémentaire d’apprendre. Si vous souffrez, vous apprenez une leçon. Si vous éprouvez de la joie, vous en apprenez une autre. Chaque acte, chaque évènement, vous enseignent quelque chose de nouveau. Il n’y a aucun moyen d’échapper à cette évidence.

Vous êtes et vous serez confronté à des leçons tout à fait personnelles. Soyez assurés que les autres aussi auront à affronter des épreuves que vous ne connaîtrez jamais. Peut-être ne comprenez-vous pas pourquoi vous avez la chance d’avoir trouvé le partenaire idéal, alors que vos amis se déchirent en vaines querelles et finissent par se quitter ou par divorcer, ni pourquoi vous vous débattez dans les difficultés financières alors que vos amis n’ont qu’à ouvrir leur portefeuille pour résoudre leurs problèmes. Une chose est sûre : un jour ou l’autre, la leçon dont vous avez besoin pour progresser se présentera. A ce moment-là, il vous appartiendra d’accepter ou non de l’apprendre.

L’objectif de la règle n°2 est d’identifier ce qui constitue votre cheminement personnel et de savoir accepter les leçons dont vous avez spécifiquement besoin. C’est l’une des plus difficiles à suivre, car c’est une démarche solitaire : il se peut que votre route soit radicalement différente de celle des autres. Ne cédez pas à la tentation de comparer votre destin à celui de votre entourage. N’oubliez pas que les leçons qui vous attendent sont toujours adaptées à vos besoins et que vous êtes capables de faire face. C’est le seul moyen d’avancer.

Si vous êtes en mesure de relever ce défi, vous comprendrez la raison de votre présence sur Terre. Vous cesserez d’être une victime des circonstances ou du destin, et vous donnerez libre cours à la force qui est en vous, pour maîtriser votre destin. En cherchant à vivre l’existence pour laquelle vous êtes fait, vous verrez s’épanouir des dons inattendus, que vous auriez pu ignorer jusqu’au bout. Le processus n’est pas simple, mais les résultats valent très largement les efforts que vous consacrerez à cette entreprise.

Au fil de cette quête, vous allez affronter les leçons de l’écoute, du choix, de la justice et de la grâce. Soyez attentif à chacune des leçons, qui vous aideront à révéler votre véritable personnalité.

L’écoute

« En considérant l’expérience sous un certain angle, on s’aperçoit qu’elle ouvre la voie vers le domaine de l’âme. »

La faculté d’écoute implique que vous soyez réceptif. La vie vous présentera d’innombrables leçons qui ne vous seront d’aucune utilité sans une certaine ouverture d’esprit. Il est indispensable que vous changiez votre façon de voir les choses et que vous considériez les leçons les plus cruelles comme des enseignements utiles, comme des échelons qui vous permettrons de monter plus haut.

Le choix

« Je ferai à la face du monde ce qui réjouit mon âme et ce que décide mon cœur. » Ralph Waldo Emerson

Le libre arbitre implique une bonne connaissance de ses désirs, suivie d’un comportement propre à les satisfaire. A chaque instant, vous choisissez de suivre la voie qui est la vôtre, ou de vous en écarter. La neutralité n’existe pas. Le plus petit geste a un sens, il vous permet d’avancer ou de régresser, que vous en soyez conscient ou non. Les actes sincères – comme de consacrer du temps à un ami très cher – vous rapprochent du but, alors que les actes forcés – s’imposer la compagnie de personnes dont vous vous souciez comme d’une guigne, sous le prétexte fallacieux que vous y êtes socialement obligé – vous en éloignent. Aucun comportement n’est innocent.

Bien qu’on les utilise dans des contextes analogues, le choix et la décision sont deux choses très différentes. C’est votre esprit qui prend les décisions et c’est votre cœur qui fait des choix.

La justice

«J’ai pleuré parce que je n’avais pas de chaussures, jusqu’à ce que je rencontre un homme qui n’avait pas de pieds. » Anonyme

Notre sens de la justice répond à un besoin d’équité – la certitude que tout le monde a les mêmes droits et les mêmes opportunités. Mais la vie n’est pas juste. Il se peut que votre chemin soit plus difficile que celui de votre voisin, indépendamment de vos mérites respectifs. Les circonstances de la vie sont différentes pour chacun, et chacun y fait face de façon différente. Pour avancer dans la bonne direction et accéder à la sérénité, il importe que vous débarrassiez votre esprit de cette phrase : « Ce n’est pas juste. » Si vous vous focalisez sur ce sentiment d’injustice, vous aurez tendance à comparer votre parcours avec celui des autres, alors que la réussite consiste à atteindre ses propres objectifs. En entretenant de l’amertume et du ressentiment, vous n’assimilerez pas les leçons qui vous sont destinées.

La grâce

« On nourrit son âme lorsque l’on suit son destin. » Harold Kushner

C’est une vertu difficile à définir, mais que l’on reconnaît aisément. Ceux qui possèdent la grâce semblent marcher à quelques centimètres au-dessus du sol. Ils donnent l’impression de rayonner de l’intérieur.

Vivre en état de grâce suppose que l’on soit en parfait accord avec sa véritable nature spirituelle, comme soutenu par un pouvoir supérieur. La grâce survient lorsque nous sommes capables de transcender notre ego et de parvenir à une vérité plus profonde ; lorsque nous réussissons à passer d’un monde centré sur notre petite personne à la compréhension d’une vision plus large ; lorsque nous sommes en mesure de comprendre et d’accepter que l’univers ne cesse de créer des situations susceptibles de nous rapprocher de la vérité, et que chaque chose, dans une optique supérieure, participe d’un plan d’ensemble.

Règles n°3

Nos erreurs ne sont pas des fautes

Le développement personnel est le résultat d’expériences multiples, d’une série d’essais manqués et, plus rarement, réussis. Nos échecs nous en apprennent autant que nos succès.

C’est la succession de nos échecs et de nos réussites qui nous conduit à la sagesse. La façon dont les choses vont tourner n’est pas de notre ressort. Parfois, nous sortons victorieux d’une épreuve, parfois déçus. Mais soyez sûr que les essais manqués ne sont pas des « fautes », au sens moral du terme. Ce ne sont que des erreurs, inévitables et tout aussi riches d’enseignement, sinon plus, que nos prétendus succès.

La plupart des gens sont désappointés lorsque leur projet n’aboutit pas. Ils lui ont consacré une grande part de leur énergie, de leur temps et de leur argent, et l’échec les remplit de regret et de colère. Leur première réaction, en général, est la culpabilité. Ils ont le sentiment de ne pas en avoir fait assez. Une telle conclusion est un obstacle à leur progression, elle freine leur processus d’apprentissage.

Au lieu de considérer nos propres erreurs comme des fautes et celles des autres comme des atteintes personnelles, pourquoi ne pas les voir comme des occasions d’apprendre ? Lorsqu’une situation ne répond pas à nos attentes, elle nous permet d’évaluer nos sentiments et nos comportements. Quand nous avons l’impression que quelqu’un nous a fait du tort, c’est l’occasion de juger nos réactions. Qu’elle soit de notre fait ou commise par autrui, une erreur offre le moyen de progresser sur la voie de la sagesse.

Si vous cessez de voir les vicissitudes de l’existence – les déceptions, les chagrins, les deuils, la maladie et toutes les tragédies qui nous menacent – comme des obstacles, vous serez envahi d’une force nouvelle. Vous pourrez prendre la vie à bras-le-corps et relever les défis qui se présentent, au lieu de vous sentir humilié, vaincu ou dépassé par les évènements.

La compassion

« L’individu est capable d’une grande compassion autant que d’une grande indifférence. Il lui appartient de nourrir la première et de combattre la seconde. » Norman Cousins

Pour parvenir à la compassion, il faut ouvrir son cœur. Etre capable de compassion suppose que nous fréquentions le monde en baissant la garde sur le plan émotionnel et en restant en permanence attentif à autrui. C’est la compassion qui nous permet de garder le contact avec nos frères humains et avec l’essence de l’humanité.

Notre cœur, pourtant, ne peut rester sans cesse ouvert aux autres ; la charge serait trop lourde. Il est impossible de regarder le journal télévisé dans cet état d’esprit sans être submergé par la misère du monde. Se construire une armure est souvent le seul moyen de se protéger des agressions extérieures.

Apprendre la compassion signifie que vous êtes à même d’ériger ou d’abattre les barrières émotionnelles qui vous mettent à l’abri du reste du monde, à votre gré, si vous souhaitez entrer en contact avec vos congénères.

Bien entendu, vous pouvez également vous munir d’un arsenal propre à limiter l’accès des autres à votre sympathie. Ce n’est pas forcément un mal. Vos jugements de valeur vous permettent d’avancer sans risque à découvert, en choisissant les convictions et les pensées que vous êtes prêts à recevoir du monde extérieur, en sélectionnant ce qui vous semble bon pour vous. En l’absence de sens critique, vous seriez exposés quotidiennement à des informations contradictoires que vous seriez incapable de trier.

Il est vrai que, parfois, vos jugements vous empêchent de manifester de la compassion alors qu’elle serait nécessaire. Si votre sens critique l’emporte sur votre capacité d’empathie, vous vous éloignez de votre essence humaine, en vous enfermant dans un carcan d’idées préconçues. Un sentiment de supériorité risque de vous couper du monde. La seule issue à cette froideur est la compassion.

Etre capable de laisser parler son cœur, c’est pouvoir appréhender sa nature essentielle, et celle d’autrui : la compassion ouvre toutes les portes.

La première condition de la compassion est de savoir reconnaître les circonstances au cours desquelles vous vous êtes laissé abuser par des idées préconçues. Il est très simple de le mesurer : soyez attentif au rythme de votre respiration. Si vous avez le souffle court, c’est que, selon toute vraisemblance, vous êtes prisonnier de vos principes. Votre moi conscient est capable, lui aussi, de reconnaître le moment où la compassion est nécessaire : si vous vous arrêtez au milieu d’un raisonnement en vous demandant quels seraient les avantages de la compassion en de telles circonstances, c’est qu’elle s’impose. Autrement, l’idée ne vous aurait pas effleuré.

Comme vous le savez depuis l’étude de la règle n°2, c’est à vous qu’il incombe de décider, en votre âme et conscience, d’apprendre ou non les leçons qui se présentent à vous. Pour la compassion, c’est exactement la même chose. Si vous optez pour la compassion, vous passez du domaine rationnel au domaine émotionnel. C’est la seule façon de vous mettre à la place de la personne sur laquelle vous portez un jugement et de comprendre son point de vue.

La compassion est aussi un sentiment indispensable à l’égard de soi-même. Si vous avez commis une erreur grave, si vous vous êtes conduit d’une façon qui vous fait honte, si vous avez failli en quoi que ce soit, il est probable que votre première réaction sera de dresser une barrière entre votre personnalité idéale et cette partie de vous-même qui vous a déçu. Et cette démarche risque d’être tout aussi destructrice que lorsque vous jugez autrui.

Ne soyez pas plus sévère avec vous qu’avec les autres. Laissez parler votre cœur. C’est la meilleure façon d’ouvrir la porte au pardon et de vous débarrasser de ce sentiment de culpabilité qui risque d’entraver vos élans les plus généreux.

Quelles idées toutes faites devez-vous transcender pour apprendre la compassion ?

Le pardon

« L’erreur est humaine, le pardon divin » Alexander pope

Le pardon consiste à effacer une dette émotionnelle. Pour passer de la compassion au pardon, il faut ouvrir son sœur et entamer un processus conscient de la libération de la rancune accumulée. Ressentir les actions passées comme des fautes implique la culpabilité et le reproche, et passer son temps à reprocher quelque chose à quelqu’un ne débouche sur aucun enseignement profitable.

Il existe quatre sortes de pardon. Le premier est à l’égard de soi-même pour un manquement véniel. Il y a très peu de temps, je me suis perdue dans le métro. J’avais rendez-vous avec une amie et j’ai pris beaucoup de retard. Elle m’a attendue sous la pluie pendant près d’une heure. Je m’en vouais terriblement. Mais tout à coup, alors que je venais de monter dans le train qui me ramenait enfin dans le bon sens, je compris que j’avais fait de mon mieux et que n’y étais personnellement pour rien. Bien sûr, je me suis excusée auprès de mon amie, mais mon sentiment de culpabilité avait disparu.

La deuxième sorte de pardon est le pardon à l’égard d’autrui pour un manquement véniel. Par exemple, dans l’épisode du métro, mon amie aurait pu me faire une scène terrible et me reprocher mon retard pendant toute la soirée. J’ai d’ailleurs été étonnée de sa réaction. Elle a accepté mes excuses de bonne grâce, sachant que je n’avais jamais eu l’intention de la faire attendre, encore moins de la laisser prendre froid sous la pluie. Dans ces conditions, ajouta-t-elle, pourquoi perdre un temps précieux en reproches et gâcher notre sortie ?

Il est possible que vous résistiez longtemps à ce type de pardon, parce qu’il est souvent réconfortant pour soi-même de reprocher ses fautes à quelqu’un. On se sent supérieur et parfaitement en droit d’en vouloir à celui qui a mal agi.

La troisième sorte de pardon consiste à se pardonner à soi-même pour un manquement grave, pour une mauvaise action qui vous remplit de honte. Si vous commettez un acte en violation avec votre morale et votre système de valeurs, vous créez un grave déséquilibre entre les normes que vous vous êtes fixées et la réalité de votre conduite, ce qui entame votre intégrité. Dans ce cas il est nécessaire de faire un gros travail sur soi afin de se pardonner et de se remettre en harmonie avec ce que l’on considère comme sa vraie nature. Ce qui ne veut pas dire que vous devez faire taire la voix de votre conscience et vous absoudre automatiquement de tous vos « péchés » pour restaurer votre paix intérieure, sans regrets ni remords. Mais il n’est pas bon non plus de ruminer éternellement ce genre de sentiments négatifs. Continuer à se mortifier et à se punir ne peut que contribuer à aggraver le déséquilibre et, par conséquent, à provoquer d’autres actes du même genre. Souvenez-vous que votre conscience n’est pas votre ennemie : elle est là, au contraire, pour vous ramener sur le droit chemin. Enregistrez le message, assimilez la leçon qu’il comporte et passez à autre chose.

Le dernier type de pardon est le plus difficile à conquérir. C’est le pardon à l’égard d’autrui pour un manquement grave. Il nous arrive, à tous, à un moment quelconque de notre vie, d’être blessé si gravement par quelqu’un que le pardon semble a priori impossible. Mais entretenir la rancune et les idées de vengeance fait de nous, inévitablement, des victimes, et nous entretient dans cet état ; jusqu’à ce que nous trouvions l’énergie suffisante pour pardonner et effacer l’ardoise.

En résumé voici les quatre types de pardon et la façon d’y parvenir :

  1. Pardon véniel à l’égard de soi-même. Soyez compatissant à l’égard de vous-même. Dites-vous que vous avez fait ce que vous pouviez faire avec vos pauvres moyens, faites des excuses et évacuez l’incident.

  2. Pardon véniel à l’égard d’autrui. Faites de votre mieux pour comprendre les motivations de la personne concernée, témoignez-lui de la compassion et évacuez l’incident.

  3. Pardon de soi-même pour un manquement grave. Essayez de comprendre les raisons qui vous ont animé, faites des excuses et essayez de trouver le courage de vous absoudre.

  4. Pardon à l’égard d’autrui pour un manquement grave. Laissez d’abord exprimer votre souffrance ou votre colère afin de vous en débarrasser. Ensuite, faites tout ce qui est en votre pouvoir pour considérer l’épisode comme un échelon nécessaire pour votre propre construction.

L’éthique

« Il n’existe pas de fautes, pas plus que de coïncidences. Tous les événements sont des bienfaits qui nous guident vers la connaissance. » Elisabeth Kübler-Ross

Supposons que vous ayez commis un acte répréhensible. Vous vous pardonnez à vous-même, vous faites des excuses à la personne que vous avez blessée et vous tentez d’effacer l’épisode de votre esprit. Mais il reste une leçon à en tirer : l’importance de l’éthique. La morale exige que nous nous conformions à des normes établies par la société à laquelle nous appartenons. Mais l’éthique ne répond pas à des codes universels. Il n’existe pas de règles valables pour tous, et ce qui est admis dans certaines cultures peut parfaitement être interdit ailleurs. Pour certains, l’éthique se définit en fonction des préceptes religieux. Pour d’autres, la morale est ce qui résulte de l’éducation reçue en classe ou en famille. Dans notre civilisation, la majorité des gens se fixent une règle simple : « Traitez les autres comme vous aimeriez qu’ils vous traitent. »

Au niveau le plus élémentaire, l’éthique nous impose ce qui est bien ou mal dans nos relations avec les autres. Nous cherchons constamment le moyen de choisir le plus sûrement possible entre le bien et le mal. Au fond de nous-même nous faisons parfaitement la différence, mais il arrive que certaines circonstances compliquent la situation. Dans la vie tout n’est pas forcément blanc ou noir. Il subsiste des zones de gris. Par exemple, lorsque vous étiez à l’école, vous vous êtes peut-être demandé si laisser votre voisin copier sur vous était bien ou mal. Votre camarade s’était mal préparé à l’examen en raison de difficultés relationnelles au sein de sa famille. Dans l’absolu, c’était mal de tricher et de laisser faire mais, dans le cas contraire, ses ennuis ne risquaient-ils pas de s’empirer ?

Lorsque vos actes sont en conformité avec vos convictions intimes, vous êtes en paix avec vous-même et avec la morale. C’est ce qu’on appelle l’intégrité. Et l’intégrité est une vertu importante, parce que son absence crée un sentiment de division et de conflit permanent.

Lorsque vous dérogez à votre code moral, vous en êtes parfaitement conscient. Vous en éprouvez très certainement du remords, ce qui vous amène à comprendre que la leçon de l’éthique reste à apprendre. Que vous soyez pris ou non en flagrant délit n’a aucune importance. D’instinct, vous saurez que vous avez mal agi, et c’est à vous seul que vous aurez des comptes à rendre. Mais notre conscience n’est-elle pas un professeur hors pair ?

Le sens de l’humour

« Il est extrêmement important d’apprendre à rire de soi-même. » Katherine Mansfield

La leçon de l’humour vous invite à saupoudrer de légèreté et de distance des situations qui, autrement, seraient insupportables. Si vous êtes décidés à considérer vos malheurs comme des leçons et comme des erreurs riches d’enseignement, vous en aurez besoin à tous moment. Si vous savez rire de vous-même, vous aurez fait un grand pas pour dédramatiser toute situation et pour comprendre l’absurdité de certains comportements humains, à commencer par les vôtres !

L’humour et le rire jouent aussi un rôle très important dans les relations humaines. Rire ensemble dénoue bien des conflits.

Règle n°4

Une leçon se représente tant qu’elle n’est pas apprise

Les leçons se répètent sous des formes variées tant qu’elles n’ont pas été assimilées. Une fois qu’une leçon est apprise, on peut passer à la suivante.

Avez-vous remarqué que les mêmes leçons se répètent ? N’avez-vous pas constaté que vous avez aimé ou épousé plusieurs fois la même personne sous des apparences et des noms divers ? Ne vous êtes-vous pas heurté encore et encore au même patron ? Ne rencontrez-vous pas des problèmes relationnels similaires avec des collègues différents ?

Dans le film intitulé Un jour sans fin, Bill Murray interprète un personnage qui se réveille tous les matins à la même date (le jour de la fête de la marmotte) et qui revit la même journée jusqu’à ce qu’il ait assimilé les leçons qu’elle lui réserve. Les mêmes évènements se répètent jusqu’à qu’il trouve la bonne façon de les gérer. Est-ce que cela ne vous rappelle rien ?

Les leçons se répètent à l’infini, jusqu’à ce qu’elles soient apprises.

La même leçon, encore et encore, viendra frapper à votre porte. Vous susciterez autour de vous des « professeurs » qui vous répèteront la leçon jusqu’à ce que vous l’ayez assimilée. La seule façon d’y échapper, c’est de changer votre façon de voir les choses et de tenir compte de cet enseignement. Inutile de chercher à éluder, la leçon vous rattrapera un jour ou l’autre.

Relever le défi suppose que vous acceptiez le fait qu’à l’intérieur de vous-même, quelque chose vous attire vers le même genre de personne ou le même type de problème, aussi difficiles à supporter qu’ils vous semblent au premier abord. Selon Carl Jung, « aucune prise de conscience n’est exempte de souffrance ». Et de quoi d’autre s’agit-il, si vous acceptez enfin de revoir votre comportement pour pouvoir passer à l’étape suivante ?

L’objectif de la règle n°4 est d’identifier vos schémas de pensée répétitifs et de vous en débarrasser.

Changer n’est jamais simple. Préserver le statu quo ne va pas dans le sens d’une progression spirituelle, mais c’est beaucoup plus rassurant. Vous avez creusé le sillon il y a très longtemps, afin de vous protéger du monde extérieur. Se risquer hors des sentiers battus est toujours inconfortable, sinon effrayant.

Parvenir à identifier vos schémas de pensées et accepter de les modifier implique que vous vous rendiez compte dans un premier temps que votre façon de faire ne marche pas. La bonne nouvelle, c’est qu’en prenant conscience de vos faiblesses, vous apprenez à changer.

A l’occasion de mes séminaires, je rappelle fréquemment que tout changement implique six étapes. Les voici :

  1. La prise de conscience – identifier le schéma ou la situation qui pose problème ;

  2. Le constat – admettre que vous avez besoin de vous débarrasser de ce problème ;

  3. Le choix – accepter consciemment d’évacuer le problème ;

  4. La stratégie – mettre sur pied un plan réaliste ;

  5. L’engagement – agir, éventuellement avec une aide extérieure ;

  6. La célébration – vous féliciter de votre succès.

Aucun changement durable ne peut se faire, aucun problème ne peut être définitivement évacué, si vous ne respectez pas ces six étapes successives. Pour faciliter le processus, il vous faudra apprendre les leçons de la prise de conscience, de la bonne volonté, de la causalité et de la patience. Une fois assimilés ces enseignements, nul doute que le renoncement aux schémas qui vous gênent dans votre progression vous semblera beaucoup moins impressionnant.

La prise de conscience

« Nous ne sommes conscients de l’aurore que lorsque nous sommes éveillés. » Henry David Thoreau

La prise de conscience est souvent un processus assez lent. Il faut du temps pour que la vérité émerge des recoins de votre esprit, malgré les toiles d’araignées accumulées à votre insu. Mais lorsque c’est fait, la lumière s’allume brusquement, comme cette ampoule rayonnante qui figure sur les bandes dessinées pour signifier la naissance d’une idée. C’est une première étape indispensable vers le changement que vous envisagez.

Il s’agit d’un état d’esprit qui se cultive. Chaque moment de votre vie vous donne l’occasion d’être en éveil ou au contraire de rester assoupi, bien à l’abri de vos habitudes.

On peut vivre sa vie après avoir branché le « pilote automatique », ou choisir de naviguer à vue, avec les risques mais aussi les satisfactions que cela comporte. Parvenir à une prise de conscience claire suppose que vous sachiez identifier les raisons qui vous incitent à reproduire les mêmes schémas. Après cela, vous pourrez entamer le processus qui vous conduira à vous en débarrasser.

L’occasion de prendre conscience d’un problème se présente chaque fois que vous vous sentez mal à l’aise dans votre vie.

La bonne volonté

« La vie ne nous demande pas d’être les meilleurs, mais seulement de faire de notre mieux. » H. Jackson Brown Jr

Pour réussir un changement, la clé du succès est la bonne volonté. Si vous ne parvenez pas à vous débarrasser d’habitudes encombrantes, il faut d’abord chercher à définir la nature exacte de ces entraves. Ce n’est qu’après que vous pourrez évacuer ce type de conduite.

Mais si vous voulez vraiment changer, il faut choisir ce changement et vous engager volontairement dans le processus adéquat. Si vous vous contentez de penser que vous devriez changer, vous déciderez peut-être de le faire, mais vous le vivrez comme un sacrifice. Suivre la mode, l’avis de ses amis ou les conseils de sa famille conduit à des décisions. C’est votre intime conviction et pas autre chose qui peut guider votre choix.

La causalité

« A toute action s’oppose nécessairement une réaction similaire. » Isaac Newton

Selon le principe de causalité, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Il faut donc bien que nous admettions que nous sommes nous-même la cause de nos ennuis. En d’autres termes, ce qui nous arrive est provoqué par notre façon de nous projeter dans le monde. Vous aurez quelques difficultés à abandonner l’idée que les circonstances nous assaillent pour penser qu’elles sont en fait les conséquences logiques de votre propre conduite. Si vous restez dans votre tête une victime innocente du destin, vous n’aurez à endosser aucune part de responsabilité dans ce qui vous arrive, et vous pourrez rester bien à l’abri derrière le bouclier de vos schémas de pensées.

La patience

« Soyez patient. Lorsque l’heure sera venue de vous réveiller et d’aller de l’avant, vous le saurez. » Ram Dass

Etre patient, c’est garder une humeur égale même lorsque les conséquences de ses actes se font attendre. Chaque fois que vous tentez d’opérer un changement en vous, vous êtes confronté à la leçon de la patience. Vous attendiez des résultats immédiats et vous êtes obligatoirement déçu, parce que les premières tentatives sont rarement réussies.

Changer quelque chose à sa façon de vivre est difficile, vous le savez bien. Vous devez apprendre à être patient, à ne pas trop vous brusquer. Rome ne s’est pas faite en un jour. Le développement personnel est un processus qui demande du temps et des efforts, et la patience vous sera d’un grand secours en chemin.

Si vous détestez vous trouver bloquer dans un embouteillage, et si la patience n’est pas votre fort, les épreuves vont se succéder. Il est même probable que vous attirerez les embouteillages plus que d’autres – peut-être parce que le destin a le sens de l’humour ? La vérité, c’est que vous ressentirez les encombrements plus douloureusement que vos congénères moins enclins à l’énervement.

Rappelez-vous : la même leçon se représente jusqu’à ce qu’elle soit apprise. Alors, un peu de patience.

 

Règle n°5

L’apprentissage ne s’arrête jamais

Les leçons à apprendre ne sont absentes à aucun moment. Tant que nous vivrons, tout contribuera à notre enseignement.

Vous avez sans doute remarqué que, dès qu’un problème semble résolu et la leçon apprise, un autre défi se présente. Dès que vous avez assimilé la leçon de l’estime personnelle, vous vous trouvez confronté à celle de l’humanité. A peine avez-vous compris comment être un bon père ou une bonne mère que vos enfants volent de leurs propres ailes et que vous devez apprendre la leçon de la temporisation. Vous croyez avoir un peu de temps à vous, et voilà que vous devez prendre en charge quelqu’un d’autre. Prétendre avoir la maîtrise de tous les détails de la vie est impossible, car la vie nous prépare quotidiennement de nouvelles surprises.

Le programme n’est jamais fini. Tant que nous vivrons, il nous restera des leçons à apprendre. Quels que soient notre âge, notre situation sociale, notre notoriété, nous continuerons de bénéficier de leçons nouvelles, pour aller encore plus loin. Les sentiers de notre voyage sur cette Terre déploient leurs méandres à l’infini et, au fur et à mesure que notre sagesse augmente, de nouvelles épreuves nous attendent.

C’est peut-être un soulagement de savoir que l’on ne peut jamais maîtriser totalement la vie et que s’y essayer ne peut conduire qu’à la frustration. La seule chose possible est de tenter de maîtriser le processus qui permet d’avancer sur le chemin. La vie est une école permanente, qui ne délivre pas de brevet de fin d’études. C’est le fait d’apprendre qui donne à notre existence toute sa valeur.

L’objectif de la règle n°5 est de vous amener à prendre conscience que vous êtes et que vous serez toujours un élève de l’école de la vie. Ce qui veut dire accepter l’idée que vous ne savez pas tout ce que vous devez savoir, et que ce ne sera jamais le cas. Cela signifie également que vous devez comprendre que votre état d’élève ne vous met pas en situation d’infériorité. En fait, cela vous ouvre au contraire des mondes de possibilités qui resteront fermés à ceux qui n’acceptent pas de jouer le jeu.

Pour relever le défi et rester en permanence un élève de la vie, vous devez apprendre les leçons de la capitulation, de l’engagement, de l’humilité et de la flexibilité, faute de quoi vous serez incapable d’ouvrir votre esprit et votre cœur assez largement pour accueillir tout ce que la vie est prête à vous apprendre.

La capitulation

« La capitulation ne freine pas notre pouvoir, elle le magnifie. » Marianne Williamson

Capituler, c’est parvenir à transcender son ego et à abandonner le contrôle. Lorsque vous acceptez de vous soumettre aux leçons qui se présentent, vous vous autorisez à vous laisser porter par le flot au lieu de lutter contre le courant. Les sommets et les vallées qui jalonnent votre route vous semblent plus faciles à franchir.

La meilleure façon d’accepter pleinement votre rôle d’élève est de vous soumettre à ce qui est, plutôt que d’essayer de créer ce qui, à votre avis, devrait être. Si votre existence toute entière a été vouée à la résistance, la capitulation, un jour ou l’autre, se trouvera inscrite au programme. Si vous êtes de ces gens qui veulent toujours avoir raison et qui possèdent un ego démesuré, la capitulation prendra pour vous des allures de défaite. Mais cette acceptation n’est valable que dans le contexte de la guerre. Dans la vie de tous les jours, elle est synonyme de transcendance.

Cela ne signifie pas que vous devez rester sans rien faire et laisser les choses arriver. Mais il est important de capituler lorsque vous ne pouvez rien faire d’autre.

Ironie du sort, j’ai fait une expérience de ce genre alors que, précisément, j’étais occupée à rédiger ce chapitre : victime d’une fantaisie de mon ordinateur, j’ai perdu douze pages de texte.

Au moment où les caractères se sont effacés sur l’écran, j’ai eu le sentiment que c’était une épreuve que m’infligeait le ciel. Que pouvais-je faire ? Me lamenter sur le travail perdu, ou me rendre à l’évidence et recommencer. N’oubliez pas, capituler ou ne pas capituler revient exactement au même – la réalité ne change pas. Mes pages avaient disparu, et que je me soumette ou non ne les ferait pas revenir. Bien entendu, j’aurais préféré, comme n’importe qui, ne pas avoir travaillé toutes ces heures pour rien. Mais dans la mesure où je n’avais aucun moyen de lutter contre cette évidence, ne valait-il pas mieux faire quelques pas pour s’éclaircir les idées et se remettre au travail, plutôt que de perdre un peu plus de temps à se battre contre les moulins ?

Si vous acceptez de bonne grâce le fait que l’univers vous présentera des leçons toujours et partout, vous en viendrez à penser qu’il est inutile de chercher à deviner les desseins de la divine Providence…

Vous serez surpris de voir combien la vie sera plus facile lorsque vous cesserez de résister et que vous vous laisserez porter par la vague.

L’engagement

« Notre plus grande faiblesse est de céder au découragement. La façon la plus sûre de réussir, c’est toujours d’essayer encore une fois. » Thomas Edison

L’engagement consiste à se consacrer à quelqu’un ou à quelque chose et ne pas en démordre.

Si vous souffrez d’une carence dans ce domaine, la leçon prendra constamment la forme d’un choix difficile à faire. Vous passerez des heures à choisir le parfum de votre cornet de glace, vous jouerez aux dés la façon d’occuper vos loisirs ou vous vous torturerez l’esprit pour décider du lieu où vous aimeriez vivre. Si vous n’avez pas encore assimilé cette leçon à l’âge adulte, vous ne saurez pas si vous souhaitez épouser la personne avec laquelle vous vivez depuis huit ans. Si vous n’arrivez pas à savoir si vous préférez le pain blanc ou le pain complet pour votre sandwich au thon, il est grand temps d’apprendre la leçon de l’engagement !

L’humilité

« C’est lorsqu’on atteint le sommet de la montagne que l’on commence à monter. » Kahlil Gibran

Une personne humble nourrit en elle-même une confiance raisonnable. Elle a conscience de ses mérites, mais elle connaît aussi ses limites. A l’instant même où vous pensez avoir tout vu et tout compris, le monde vous rattrape et muselle votre arrogance d’une bonne dose d’humilité. Vous devez à tout prix abandonner l’idée que vous n’avez plus rien à apprendre. Les maîtres du zen eux-mêmes savent qu’on n’atteint jamais les cimes de la connaissance.

La leçon de l’humilité est douloureuse, car elle s’accompagne d’un sentiment pénible de dégringolade. L’univers maintient toute chose en équilibre, si bien que lorsqu’un ego démesuré étale sa prétention et son impatience, il fait osciller le fléau de la balance et ramène l’insolent, souvent brutalement, à une vue plus juste. La blessure est douloureuse sur le moment, mais c’est la seule façon de restaurer l’équilibre.

Certains rencontreront si peu de difficultés dans leur vie qu’ils perdent le sens des réalités et qu’ils finissent par croire que tout leur est dû. Lorsqu’ils cèdent à l’arrogance, ils préparent le terrain pour la leçon de l’humilité. C’est ce qui est arrivé à Guy.

Il était beau, élégant, bronzé, avec des yeux magnifiques et pénétrants, habillé comme une figure de mode. Sa vie personnelle et professionnelle ne connaissait aucun nuage. Avec son charme et son intelligence il n’avait qu’à paraître pour réussir.

Un jour, pourtant, son entreprise fit l’objet d’une plainte en justice. Il ne s’en inquiéta pas, persuadé que tout irait pour le mieux, comme d’habitude. Mais le procès tourna mal, et ce fut la faillite. Il essaya pendant plusieurs mois de retrouver un emploi, rien n’y fit. Ses économies fondaient comme neige au soleil. Son « pouvoir magique », il fallait bien l’admettre, avait brusquement disparu.

Lorsqu’il vint me consulter six ou sept ans plus tard, Guy ne comprenait toujours pas ce qu’il avait fait pour mériter tous ces ennuis. En fait, il avait gâché ses talents par son arrogance. Il regardait avec condescendance ceux qui n’avaient pas eu sa chance, leur parlait d’un ton protecteur, les traitait avec impatience et mépris, les jugeait stupides et inefficaces. Le chemin était tout tracé pour la leçon d’humilité. Avec le temps, Guy finit par comprendre, même si cette leçon prenait un goût particulièrement amer.

Soyez fier de ce que vous êtes et de ce que vous avez accompli. Mais ne faites place dans votre cœur ni à l’arrogance ni au mépris. Apprenez la leçon de l’humilité avant que les circonstances ne vous l’imposent. Elle s’en trouvera allégée.

La flexibilité

« Pour s’améliorer, il faut changer. Pour être parfait, il faut changer souvent. » Winston Churchill

Cette boutade de Churchill nous rappelle les mérites de la flexibilité, autrement dit, de la capacité de s’adapter à une situation nouvelle. Toute votre vie, vous serez tenté de vous en tenir à « ce qui est », alors qu’il ne s’agit que d’un moment éphémère, qui devient très vite « ce qui était ». Il est absolument essentiel de s’exercer à la souplesse, car la rigidité empêche d’ouvrir les yeux sur le sentiment de liberté qu’entraînent de nouvelles possibilités. Pour bien tenir votre rôle d’élève de la vie, il importe de passer sans heurt de la « connaissance » à la « non-connaissance » de la condition de maître d’école à celle d’élève. En d’autres termes, vous aurez appris la leçon de la flexibilité lorsque vous serez capable de vous intéresser à ce qui s’annonce plutôt que de vous cramponner aux choses telles qu’elles sont au moment présent.

Les paradigmes changent avec le temps, et vous aussi.

Règle n°6

L’herbe n’est pas plus verte ailleurs

Si vous remplacez « ici » par « là-bas », tout ce que vous obtiendrez, c’est que là-bas deviendra ici, et que vous penserez de nouveau trouver mieux ailleurs.

Nous pensons souvent que nous serons plus heureux lorsque nous aurons atteint tel ou tel objectif que nous nous sommes fixé. Certains rêvent d’amasser une fortune, d’autres de perdre cinq kilos ou de trouver l’âme sœur. Il peut s’agir d’exercer un métier plus gratifiant, d’acheter une nouvelle voiture, de gravir les échelons de la gloire. Quel que soit votre ailleurs, vous êtes persuadé qu’une fois ce but atteint, vous toucherez aux sommets de la béatitude et de la paix. Vous serez enfin heureux, généreux, comblé.

Le plus souvent, les choses ne se passent pas du tout de cette façon. Vous ne cesserez pas de vous projeter ailleurs, au risque de ne pas remarquer ce qu’ici a de bon. Pensez à toutes ces situations où vous vous êtes dit : « Je serai content lorsque… » et demandez-vous si vous étiez réellement plus heureux une fois cette condition réalisée. Pendant un bref moment, peut-être, et puis vous êtes repartis pour une autre quête.

Si vous êtes perpétuellement insatisfait, vous ne serez pas en mesure de jouir du moment présent. Vous finirez par projeter votre vie dans le futur, vous privant ainsi des joies que le présent vous réserve.

L’objectif de la règle n°6 est de vous apprendre à vivre au présent. Depuis la nuit des temps, les maîtres spirituels de toutes tendances débattent de la question de savoir comment profiter de l’instant présent, un défi encore plus difficile à affronter à l’époque actuelle, où nous sommes assaillis de promesses de gloire, de beauté ou de fortune, et cernés par les miroirs aux alouettes offerts à notre convoitise.

Il est important de savoir que la condition d’être humain passe aussi par notre manière de faire la paix avec nos désirs d’ailleurs. D’un côté, nos aspirations et nos rêves enrichissent nos vies ; ce sont ces élans naturels qui nous permettent de nourrir nos espoirs et nos passions, sans parler de l’évolution de la société.

D’un autre côté, s’ils sont exacerbés, ces désirs risquent de nous faire perdre contact avec la réalité et de nous empêcher de jouir de la vie. Pour parfaire son éducation, pour réussir sa carrière et sa vie privée, il est important de se fixer des objectifs. Il est tout à fait légitime de chercher à améliorer sa situation future. Mais il ne faut pas pour autant négliger le présent.

Le secret est de tenir en équilibre, comme un danseur de corde, sur le fil ténu qui marque la frontière entre présent et avenir. C’est en apprenant les leçons de la gratitude, du détachement, de l’abondance et de la paix que vous parviendrez à vivre pleinement le moment présent.

La gratitude

« Lorsque vous cesserez de comparer ce qui est avec ce que vous aviez imaginé, vous pourrez enfin jouir du moment présent. » Cheri Huber

La gratitude suppose que vous appréciez à sa juste valeur ce que vous avez réussi et ce que vous possédez maintenant. Ce sentiment vous remplit de joie, au fur et à mesure que vous prenez conscience des cadeaux qui vous sont faits au quotidien et de toutes les bonnes choses qui jalonnent votre chemin. En concentrant votre attention sur le moment présent, vous vivez l’émerveillement de ce qui se passe « ici ».

La gratitude se cultive. Il est facile d’oublier ce qui nous est donné au profit de ce que nous aimerions obtenir. Et la tentation est forte, si nous ne nous donnons pas la peine d’y réfléchir, de diminuer la valeur de ce qui est, au profit de ce qui sera peut-être un jour. Il y a plusieurs façons de cultiver la gratitude, et la liste qui suit est purement indicative :

  • Imaginez ce que serait votre vie si vous perdiez tout ce que vous avez.

  • Dressez la liste des évènements de la journée qui vous inspirent de la gratitude, de façon à faire quotidiennement le point sur ce qui vous arrive de bon. C’est une démarche particulièrement utile lorsque vous avez le sentiment que vous n’avez pas de motif de satisfaction. Vous pouvez aussi consacrer mentalement quelques minutes à cet exercice avant de vous endormir.

  • Offrez votre aide à ceux qui ont moins de chance que vous, cela vous aidera à avoir une vue plus juste des choses.

  • Interrogez-vous sur ce que chaque évènement vous apporte. Peu importe le moyen que vous choisirez. Ce qui compte, c’est que vous parveniez à créer un espace dans votre conscience pour apprécier les aspects positifs de votre vie présente et en retirer de la satisfaction.

Le détachement

« La leçon la plus difficile à apprendre, c’est de ne pas s’attacher aux résultats de ses actes. »

Par le biais du détachement, vous devez faire en sorte de ne pas attacher une importance démesurée à un résultat espéré. Pour la plupart des gens, c’est l’une des leçons les moins évidentes. Nous sommes très attachés à la façon dont nous envisageons le futur, et nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour que les choses se passent effectivement comme nous le souhaitons. Mais la vie, le plus souvent, n’a que faire de ces prévisions, et nous ne pourrons qu’en souffrir, à moins d’apprendre le détachement. Le plus sûr moyen d’y parvenir est de nous convaincre qu’ailleurs n’est pas nécessairement plus rose qu’ici.

Le détachement est une des pierres angulaires du bouddhisme. Depuis des siècles, on enseigne aux fidèles que l’un des principaux obstacles au bonheur est le désir – désir d’une personne, des biens matériels, de l’argent, d’une position sociale. Ces désirs sont à la source de nos attachements. Nous devenons dépendants d’une personne, de l’argent, d’une nouvelle voiture, d’un poste de vice-président. En fin de compte, ces liens nous échappent, nous épuisons notre énergie à les poursuivre, et nous en oublions de porter attention à ce qui est vraiment important. Le désir entraîne un sentiment d’insatisfaction permanente et conduit à la souffrance. Le chemin du bonheur passe donc par l’élimination du désir, et le meilleur moyen d’y parvenir est de cultiver le détachement.

Etre détaché ne signifie pas être indifférent ou absent. Cela veut dire que nous devons nous efforcer d’être neutre dans notre manière de juger les circonstances de la vie et notre désir d’une conséquence spécifique.

Pour parvenir à ce détachement, vous devrez respecter les étapes suivantes :

  1. Identifiez votre souhait et les conséquences que vous prévoyez.

  2. Imaginez une issue heureuse, et envisagez aussi le scénario du pire. De cette façon vous mettrez en lumière vos craintes secrètes et accepterez l’idée que les choses ne se passeront pas forcément comme prévu.

  3. Formulez clairement votre objectif, par écrit ou à haute et intelligible voix.

  4. Créer mentalement une image de vous-même tenant votre objectif dans la paume de la main, les doigts légèrement écartés.

  5. Laissez votre objectif voler de ses propres ailes, en acceptant d’avance les conséquences, quelle que soit leur nature. Vous pouvez imaginer que vous l’attachez à un ballon gonflé à l’hélium, ou toute autre méthode qui vous représente visuellement en train de le lâcher dans l’univers.

Soyez attentif à la nature de votre motivation. Il se peut que vous souhaitiez devenir riche ou trouver un mari parce que vous estimez que c’est nécessaire pour votre sécurité. Hélas, la fortune ou la bague au doigt, ne conduit pas forcément à la sécurité. Les conséquences peuvent être exactement inverses. La sécurité vient de l’intérieur, elle ne naît pas de l’attachement à une personne, à une chose ou à un concept.

L’abondance

« Le riche est celui qui est satisfait de ce qu’il a. » Maxime des Pères

La peur de manque est l’un des sentiments humains les plus répandus. Nous craignons toujours de ne pas avoir assez, si bien que nous avons tendance à imaginer un moment du futur où nous aurons tout à satiété. Un jour, pensent certains, tout ira bien, j’aurais l’argent dont j’ai besoin, les objets qui me manquent, l’amour dont je rêve, le succès que j’attends. Mais est-ce que nous avons jamais « assez » ?

L’abondance, cela signifie que tout est possible, et qu’il y a des richesses plus qu’il n’en faut pour tout le monde, ici et maintenant. Si vous modifiez votre perspective pour passer du futur au présent, vous apprendrez à discerner les richesses et les dons que vous avez déjà ; c’est cela, la leçon de l’abondance.

La peur de manquer vient de ce que j’appelle le « syndrome du trou à l’âme ». Nous essayons désespérément de combler nos vides affectifs par des biens matériels. Mais il en est de la vie spirituelle comme d’un puzzle : si on ne trouve pas la bonne pièce, elle ne s’adapte pas à l’endroit où nous voulons la placer de force.

Nous avons suffisamment de ressources en nous-mêmes, et les vides ne peuvent être comblés que de l’intérieur. Si vous découvrez l’abondance véritable, vous n’aurez plus besoin de chercher ailleurs.

La paix

« Il n’y a rien à faire, sinon être. » Stephen Levine

Vivre au présent entraîne dans son sillage l’un des bienfaits que la plupart des gens poursuivent toute leur vie : La paix. S’abandonner au moment présent procure un sentiment de calme, de tranquillité physique et mentale et fait taire la petite phrase infernale : « Je suis ici mais je voudrais être ailleurs ». Si vous jouissez pleinement du moment présent, vous n’aurez pas le temps de penser à ce qui sépare votre situation de vos attentes. Vous êtes bien trop occupés à vivre la situation pour songer à l’analyser.

La plupart des gens passent leur temps à courir après leur vie, en route pour ailleurs. Si, un beau matin, vous demandez à dix automobilistes ce qu’ils sont en train de faire, neuf d’entre eux répondront : « Je vais travailler ». Le dixième – celui qui réplique : « Je conduis ma voiture » – est le seul à avoir compris la leçon du moment présent et de la paix. Il n’arrivera sans doute pas plus tard que les autres au bureau, mais il aura sans doute apprécié la promenade plus sûrement que les neuf autres, obsédés par leur destination.

Règle n°7

Les autres sont notre miroir

Si vous aimez ou vous détestez quelque chose chez autrui, c’est que vous l’aimez ou le détestez chez vous.

Lorsque vous rencontrez quelqu’un que vous ne connaissez pas, une première impression se forme dans votre esprit. Vous décidez en un instant si cette personne vous plaît ou si elle ne vous plaît pas. Ce choix vous est inspiré par des détails infimes, le parfum qui émane d’elle ou la couleur de ses yeux, ou par des réminiscences associées à votre propre inconscient.

Les réactions que nous manifestons à l’égard des autres, en fait, constituent le baromètre de notre perception de nous-même. Elles en disent beaucoup plus long sur nous que nos interlocuteurs. Si vous aimez ou si vous détestez quelque chose chez l’autre, c’est que vous l’aimez ou le détestez chez vous. Nous sommes spontanément attirés par les gens qui nous ressemblent et nous rejetons d’instinct ceux qui nous paraissent différents. Nous jugeons autrui à travers nos expériences passées, nos sentiments, nos convictions. Malgré cela, nous restons persuadés que nous usons de critères parfaitement objectifs.

Pourtant, essayez d’imaginer que les gens que vous rencontrez vous renvoient, comme un miroir, des informations très importantes. Si vous acceptez ce principe, chaque rencontre nouvelle vous donnera l’occasion de mieux connaître vos rapports à l’égard de vous-même et de progresser dans la connaissance. Supposons in instant que les qualités que vous admirez chez les autres – leur force, leur talent – sont en fait des caractéristiques que vous souhaitez pour vous-même. Cela n’éclaire-t-il pas l’idée que vous avez de votre valeur ?

De la même façon, vous pouvez considérer les gens que vous n’aimez pas comme des cadeaux, puisqu’ils mettent en évidence ce dont vous ne voudriez pas pour vous-même. Imaginez que chaque fois que vous êtes fâché. Blessé ou irrité par quelqu’un d’autre, l’occasion vous êtes offerte de régler son compte à un épisode oublié de colère, de chagrin ou d’agacement. Etre capable de discerner la faiblesse chez l’autre permet d’éprouver de la compassion ; c’est peut-être aussi le moment d’adoucir un jugement sévère que vous avez émis à l’égard de vous-même.

Si vous adoptez cette démarche, il devient possible de considérer tous ceux qui vous entourent comme des miroirs, aussi bien les gens que vous aimez ou admirez que ceux que vous détestez le plus cordialement. De cette façon, vous serez en mesure de discerner vos propres qualités, mais aussi les aspects de vous-même que vous rejetez.

L’objectif de la règle n°7 est précisément de passer du stade du jugement de l’autre au stade de l’exploration de soi. Pour y parvenir, il vous faudra évaluer toutes les décisions, tous les jugements et toutes les projections que vous faites à l’égard des autres et les considérer comme autant d’indices révélateurs de la manière de guérir vos propres faiblesses, de conquérir votre intégrité.

Les leçons proposées par la règle n°7 sont la tolérance, la transparence, la guérison et le soutien. En assimilant ces leçons, nous faisons un pas décisif vers un changement de perspective très bénéfique.

La tolérance

« Tout ce qui nous irrite chez les autres peut nous amener à nous comprendre nous-même. » Carl Jung

Dans la règle n°1, nous nous avons passé en revue la notion d’acceptation et appris à appréhender favorablement tous les aspects de nous-mêmes. La tolérance est le même type de sentiment adapté à autrui. C’est une condition indispensable à la coexistence pacifique entre les hommes. « Tout le monde a le droit de vivre » : C’est ce qui ressort de la leçon de tolérance, qui fait taire la voix de la critique à l’égard des autres.

J’avais seize ans quand j’ai pris conscience, en marchant dans la rue, d’une petite voix intérieure qui commentait tout ce qui croisait mon regard. Inutile d’ajouter que le commentaire n’était pas toujours tendre. Je compris que je pouvais trouver quelque chose de désagréable à dire sur l’ensemble de mes congénères. Le constat suivant n’est pas bien difficile à imaginer : « C’est vraiment bizarre. Se pourrait-il que je sois la seule personne parfaite de l’univers ? ».

Je m’aperçus immédiatement de ce qu’une telle déclaration avait de ridicule et je saisis que tous ces jugements que je portais sur les autres avaient peut-être quelque chose à voir avec mes propres préoccupations. Il m’apparut alors que les critiques que je formulais sur les autres me renseignaient bien d’avantage sur moi que sur eux. Je compris aussi que je tirais profit de ces critiques pour moi-même. Trouver tous ces gens grassouillets, trop petits, mal fagotés, me permettait de penser que j’étais mince, élancée, bien habillée. Les accabler entretenait mon sentiment de supériorité.

Une partie de moi savait que juger les autres était un moyen de masquer mes sentiments d’insuffisance et d’insécurité. Je pris le parti d’examiner chacun des jugements que je formulais à l’égard des autres et de m’en servir comme d’un miroir pour explorer des replis cachés de ma propre personnalité. Peu d’entre eux me semblaient « acceptables », et la plupart me ressemblaient. En refusant de me lier à des gens différents de moi, j’étais enfermée dans un véritable caisson d’isolement. A partir de ce jour, je décidais de partir de mon jugement sur les autres pour en apprendre d’avantage sur soi-même. Pour cela, il fallait que j’abandonne l’idée de juger le monde entier. Renoncer à l’intolérance voulait dire que je ne devais plus me sentir automatiquement supérieure aux autres, et que je devais apporter une attention toute particulière à mes propres défauts.

J’ai récemment participé à un repas d’affaires avec un homme apparemment sans aucune éducation. Ma première réaction fut de m’offusquer de son absence de bonnes manières. Comprenant que je le jugeais un peu vite, je m’interrogeais sur mes propres impressions. La vérité, c’est que j’étais gênée que l’on puisse me voir en compagnie de ce grossier personnage, qui mastiquait la bouche ouverte et se mouchait bruyamment dans sa serviette de table. Je m’aperçus que j’étais surtout préoccupée de la façon dont les autres clients du restaurant me considéraient. Le problème n’étant pas tant la conduite de mon invité que l’embarras que je ressentais. J’avais là une excellente occasion de comprendre l’importance que j’accordais au regard des autres, une réaction qui trahissait mes propres incertitudes.

L’intérêt de la démarche est aussi et surtout de reprendre le contrôle de la situation. Si j’avais permis à mon invité de continuer à m’inspirer du dégoût, j’aurais abdiqué tout mon pouvoir. Je l’aurais autorisé à décider de ce que je devais ressentir. En comprenant que mon jugement sur lui avait en fait une relation avec l’image que je me faisais de moi-même, je reprenais le contrôle.

Lorsque vous constatez votre intolérance à l’égard de quelqu’un, posez-vous la question : « De quel sentiment est-ce que je me défends en me protégeant derrière ce jugement ? ». Peut-être cette personne évoque-t-elle pour vous la gêne, l’embarras, l’insécurité, l’anxiété ou quelque autre sentiment qui contribuerait à ternir votre image. Concentrez-vous sur la signification profonde de votre jugement, et vos jugements sévères s’évanouiront. Vous serez capable de maîtriser vos émotions et de supporter plus facilement le comportement de la personne qui fait l’objet de vos critiques.

N’oubliez pas que vos jugements, pour définitifs qu’ils soient, ne peuvent pas vous servir de bouclier. Ce n’est pas parce que je jugeais que mon interlocuteur était mal élevé que je devenais incapable de me tenir mal à une autre occasion. Mais me montrer tolérante ne comportait pas non plus de danger et ne m’obligeait pas davantage à me mettre à mastiquer la bouche ouverte !

La clarté

« Il arrive que l’on découvre la lumière dans les endroits les plus étranges, quand on sait regarder au bon endroit. » Jerry Garcia

La clarté, c’est une vive lumière. Chaque fois que vous parvenez à voir clair en vous, vous faites un pas de plus dans la bonne direction. Comme je le dis souvent, accéder à la lumière, c’est nettoyer son âme à l’Ajax vitres. La réalité devient transparente comme du cristal. Au moment même où vous considérez autrui comme un miroir, vous apprenez la leçon de la clarté.

Aline, une de mes stagiaires, a accédé à la clarté le jour où elle s’est aperçue que les reproches qu’elle faisait à son mari, parce qu’il semait le désordre partout, étaient une façon de se mortifier elle-même, dans la mesure où elle ne cessait d’illustrer le même défaut. L’une de mes amies a accédé à la clarté lorsqu’elle a compris que ses jugements acerbes à l’égard des hommes étaient une façon de masquer sa propre répugnance à s’engager. Vous pouvez parvenir au même résultat à n’importe quel moment de votre vie, à l’instant où vous ouvrirez les yeux de l’intérieur et où vous comprendrez ce que votre opinion des autres révèle de vous-même.

La meilleure façon de reconnaître la clarté set d’identifier les moments où elle est absente ; les moments de brouillard, par contraste, sont des indices particulièrement révélateurs. Si vous vous focalisez sur votre jugement à l’égard des autres, vous ne les utilisez pas comme miroirs et vous vous retrouvez dans le brouillard. Si vous vous concentrez sur le mal que d’autres vous ont infligé, vous vous retrouvez dans le brouillard. Par essence, chaque fois que vous vous dissociez de la signification de telle ou telle situation peut avoir pour vous-même, vous vous retrouvez dans le brouillard.

En de tels moments, il est facile de restaurer la clarté en changeant de perspective, en passant des autres à soi-même, de l’extérieur à l’intérieur. C’est une bonne occasion de faire une pause et de vous interroger sur le sens de la leçon pour vous-même. Au moment même où vous brandissez le miroir, la clarté revient.

La guérison

« La guérison est affaire de temps, mais parfois aussi d’opportunité. » Hippocrate

La guérison est le retour à l’intégrité et au bien-être. Le plus grand médecin de l’antiquité s’interrogeait déjà sur ce mystère. Bien que le terme soit employé le plus souvent pour le corps, il s’applique également au domaine émotionnel et spirituel. Le processus, qui occupe toute une vie, s’emploie à débarrasser votre esprit des nuages qui l’obscurcissent et à raccommoder les accrocs de votre cœur.

Tous les êtres humains, tôt ou tard, doivent affronter la leçon de la guérison, même ceux à qui la vie semble épargner tous les soucis. Les écueils de la vie sont trop nombreux pour que le voyage se déroule sans heurt. Fort heureusement, notre civilisation attache une grande importance à la guérison et les moyens qui nous sont offerts sont nombreux. Mais toutes les méthodes extérieures resteront sans effet, tant que vous ne prendrez pas le temps de restaurer votre intégrité de l’intérieur.

Si vous savez utiliser les moyens que les autres mettent à votre disposition pour effacer vos blessures émotionnelles, l’expérience en sera facilitée. L’un de mes amis me confia un jour qu’il était impuissant. Il en était honteux et se torturait l’esprit à ce sujet. Il savait que cette impuissance était survenue le jour où sa petite amie l’avait quitté pour un autre, mais il était incapable de retrouver seul sa confiance en lui. Finalement, il rencontra une jolie jeune femme nommée Andréa, qui lui accorda son amour sans condition. Il fallut à mon ami plusieurs mois pour que les vertus de cet amour produisent un effet curatif durable sur l’image désastreuse qu’il avait de lui-même. Mais heureusement, c’est ce qui arriva.

Il arrive souvent que la perception que les autres ont de nous nous aide à réparer les dommages qu’a pu subir notre estime personnelle. Mais la guérison peut également prendre d’autres formes. Il n’est pas rare que d’anciennes blessures se trouvent cicatrisées par référence au moment présent. Certains sentiments, en effet, surgissent immanquablement lorsque les mêmes conditions sont réunies. Les personnes qui nous servent de miroir dans le présent nous aident parfois à guérir les blessures du passé.

Stéphanie voulait abandonner la maison d’édition dans laquelle elle travaillait pour s’établir à son compte. Mais ses relations avec son patron/mentor avaient pris un tour très particulier depuis près de sept ans, et elle avait du mal à sa résoudre à le quitter. Il la traitait comme une enfant, ne lui laissait prendre aucune initiative sans son accord. Bref, il la tenait en laisse. Lorsque Stéphanie tentait d’affirmer son indépendance, son patron cherchait à la culpabiliser en lui disant qu’après tout, elle lui devait sa carrière.

Quand Stéphanie vint me trouver, elle se sentait brimée, frustrée, mais incapable de prendre une décision quelconque. Elle affirmait ouvertement son dédain à l’égard de son patron, mais racontait sur lui des anecdotes touchantes qui montraient qu’à l’évidence, elle le considérait un peu comme son père. Il était clair que Stéphanie avait des comptes à régler avec son adolescence et que c’était une occasion idéale pour en finir avec ce traumatisme.

Lorsque j’interrogeai Stéphanie sur son passé, elle me raconta une histoire qui remontait à ses vingt et un ans. Elle avait quitté la maison familiale pour s’installer avec son petit ami. Sa mère avait pris ce départ comme une atteinte personnelle. Pendant la soirée qui précédait son départ, elle s’en prit à sa fille de manière virulente. Assise au milieu des bagages qu’elle venait de boucler, Stéphanie regardait sa mère marcher vers elle à grandes enjambées, sa robe de chambre flottant autour de ses épaules comme une cape de sorcière. Lorsqu’elle arriva à sa hauteur, sa mère s’adressa à elle d’un ton sifflant : « Ce que tu fais est égoïste ! Totalement égoïste ! Comment oses-tu t’en aller de cette façon ? » Stéphanie, honteuse, ne répondit rien et, au petit matin, elle se glissa hors de chez elle comme une voleuse.

Nous sommes tombés d’accord, Stéphanie et moi, pour convenir que son départ de la maison d’édition était le reflet de cette vieille blessure. Nous savions toutes les deux qu’une occasion lui était donnée d’en finir avec ces souvenirs pénibles, en partant la tête haute, cette fois, et en affirmant son droit à l’indépendance. Après quelques répétitions, Stéphanie annonça à son patron, en le regardant bien en face, qu’elle le quittait pour suivre seul la voie qu’elle croyait être la sienne. Du même coup, la blessure secrète se trouva cicatrisée.

En ce qui vous concerne, quelles sont les blessures anciennes que vous devez guérir ?

Le soutien

« Il y a deux façons de diffuser la lumière : être la bougie, ou le miroir qui la reflète. » Edith Wharton

Soutenir quelqu’un, c’est lui maintenir la tête hors de l’eau. On soutient quelqu’un lorsqu’on veut lui donner de l’énergie, de la force, l’aider dans un moment difficile. Le plus piquant, c’est que lorsque vous croyez soutenir les autres, vous vous soutenez vous-même. Lorsque vous refusez d’aider quelqu’un, c’est en général que vous avez peur de vous apercevoir que vous-même avez besoin d’aide.

Lorsque je forme des animateurs au cours de mes séminaires, la première chose que je leur apprends est d’être attentifs au fait que le soutien qu’ils apportent aux participants est le reflet de leurs propres préoccupations. Si un animateur éprouve quelque difficulté à aider quelqu’un à expurger sa colère, c’est qu’il a lui-même un rapport difficile à la colère, qu’il a du mal à gérer la sienne. S’il ne parvient pas à l’aider à révéler sa force intérieure, c’est sans doute qu’il n’est pas convaincu de la valeur de sa propre force. Cette démarche n’est pas très éloignée de celle des psychanalystes, qui utilisent leurs propres réactions comme des miroirs dan lesquels les patients sont appelés à se reconnaître.

L’occasion nous est fréquemment donnée de soutenir nos amis dans l’adversité. L’une des animatrices de mon groupe, prénommée Diane, m’a raconté une histoire qui illustre très clairement la magie du soutien et la façon dont on peut l’utiliser comme miroir. Plusieurs années auparavant, Diane s’était sentie très dépressive. Elle avait rompu avec son petit ami et s’en remettait difficilement. Gravement blessée au genou dans un accident, elle avait dû passer plusieurs semaines allongée, et il est probable que ces longs moments de solitude n’avaient rien fait pour arranger les choses. Elle s’en voulait énormément d’être incapable de réagir, et pleurait out le temps.

Un matin, Diane reçu une terrible nouvelle : le frère de sa meilleure amie venait de se tuer en voiture. Diane connaissait Marie-Anne et son frère depuis toujours, et le coup la laissa sans voix. Elle se précipita chez son amie.

Au cours des jours qui suivirent, après l’enterrement et le cortège des visiteurs, Diane ne quitta pas Marie-Anne. Elle la serrait contre son cœur, pleurait avec elle, dormait sur le tapis à côté de son lit pour ne pas qu’elle se retrouve seule au milieu de la nuit. Elle avait oublié son genou douloureux, et même sa dépression.

Lorsque les choses reprirent un cours plus normal, Diane s’aperçut que le soutien qu’elle avait accordé à Marie-Anne dépassait de beaucoup celui qu’elle avait envisagé pour elle. L’aide qu’elle avait apporté à son amie, dans une large mesure, était une compensation pour l’aide qu’elle s’était refusée à elle-même. Elle s’aperçut que ses propres larmes méritaient autant d’attention que celles des autres, et qu’elle devait se consoler avec le même soin qu’elle consolait les autres.

Lorsque vous vous apercevez que vous êtes incapable d’aider les autres, demandez-vous s’il n’existe pas à l’intérieur de vous-même quelque chose qui ne tourne pas rond. Au contraire, lorsque vous êtes en mesure d’offrir aux autres un soutien efficace, c’est que vous pouvez identifier ce qui, chez vous, requiert la même qualité d’attention.

Règle n°8

Chacun de nous décide de ce qu’il fait de sa vie

Nous avons eu en main tout ce dont nous avons besoin. Reste à savoir ce que nous allons décider d’en faire.

Chacun crée sa propre réalité. C’est à chacun de nous qu’il appartient d’écrire le scénario de sa vie. Certains en doutent, et renoncent à ce droit imprescriptible, en prétendant qu’ils n’ont pas la possibilité de faire ce qu’ils veulent parce qu’ils n’en ont pas les moyens. Ceux-là négligent une vérité fondamentale : ce ne sont pas les moyens extérieurs qui déterminent nos succès et nos échecs, mais notre foi en nous-même et notre volonté de rendre notre existence conforme à nos aspirations les plus hautes.

Libre à vous de vous réfugier derrière les prétextes les plus futiles, du genre : « Je n’ai pas pu le faire, parce que… ». Vous pouvez aussi choisir de prendre votre existence en main et de la modeler selon vos désirs. Vous pouvez laisser les circonstances, votre apparence physique, l’état de vos finances ou vos origines familiales dicter votre destinée, ou bien vous pouvez transcender vos limites et faire en sorte qu’il se passe quelque chose d’extraordinaire dans votre vie. Les « oui, mais » ne conduisent nulle part, ils ne font que renforcer le sentiment de votre impuissance. Ignorez vos limites, et le monde répondra en conséquence.

Joseph Cambell a dit : « Le monde est à votre mesure, et vous êtes à la mesure du monde ». Cela signifie que si vous reconnaissez vos objectifs, vos dons et votre réalité personnelle, si vous acceptez le cheminement qu’ils impliquent, le monde vous fournira tout ce qui vous est nécessaire pour réussir. De votre côté, vous découvrirez quelle est votre contribution au monde. Lorsque vous tenez les rênes de votre vie, le monde répond en conséquence, et l’étincelle du génie s’allume.

L’objectif de la règle n°8 est donc de créer votre propre réalité et de la maîtriser. La première étape est une forme d’éveil, la fin de l’inconscience. Pour ma part, je me rappelle parfaitement le moment où ce changement capital est survenu dans ma vie. Je venais de recevoir les trois messages dont je parle au début de cet ouvrage. Curieusement, au lieu de me sentir soulagée ou inspirée, je me suis sentie très déprimée. J’ai pleuré pendant des journées entières, sans savoir pourquoi, jusqu’à l’instant où j’ai compris que je ne pourrais plus jamais me laisser porter par le flot lénifiant des « je ne sais pas ». Une fois connue la finalité de ma vie, j’étais sortie de la zone de sécurité de l’ignorance, que l’on appelle aussi l’enfance, pour entrer dans l’âge adulte. Il m’était désormais impossible de me fermer l’esprit et le cœur. Je pleurais, parce que je comprenais que je venais de perdre à jamais mon insouciance, pour accepter les devoirs de la maturité. Ce passage me rendait un peu triste, mais j’étais prête à prendre les commandes de mon existence.

Quand on commence à vivre sa vie en sachant que ce qu’on fait dépend de soi, on peut enfin la modeler selon ses choix et ses désirs. Les leçons que vous propose la règle n°8 sont celles de la responsabilité, de la résignation, du courage, de la force et de l’aventure. Ces leçons vous permettront d’acquérir les outils qui vous seront indispensables pour prendre le contrôle de votre vie.

La responsabilité

« Nous devons accepter les conséquences de chacun de nos actes, de chacune de nos paroles et de nos pensées, tout au long de notre vie. » Elisabeth Kübler-Ross

Prendre ses responsabilités signifie admettre que nous avons un rôle à jouer et une influence sur les situations dans lesquelles nous nous trouvons. Cela signifie que nous avons à répondre de notre conduite et à en accepter les conséquences.

Etre responsable, cependant, ne veut pas dire être l’objet de tous les reproches et il importe de bien faire la différence pour assimiler correctement cette leçon. Le reproche est associé à la notion de faute, alors que la responsabilité est une question d’autorité, de contrôle sur la situation. Il entraîne un sentiment négatif de culpabilité ; la responsabilité entraîne le soulagement de ne pas avoir à se dérober et permet d’évacuer cette culpabilité. Le reproche nous bloque, la responsabilité nous libère et nous oblige à aller de l’avant.

La responsabilité amène un certain nombre de gratifications, mais c’est une leçon qui ne s’apprend pas sans peine.

En ma qualité de mère, j’essaye d’inculquer à Jennifer, ma fille, quelques principes simples. Je souhaite qu’elle devienne une femme capable de tenir ses engagements, de comprendre les obligations qui accompagnent les privilèges et qui accepte la responsabilité de ses actes en toute occasion.

La responsabilité est l’une des leçons les plus importantes de l’âge adulte. Si vous ne l’avez pas encore apprise, il n’est pas trop tard. N’oubliez pas que la vie vous réserve quantité d’occasions de rattraper le temps perdu.

La résignation

« Apprendre à laisser faire. C’est la clé du bonheur. » Bouddha

La résignation, au sens mystique du terme, est une vertu bien utile. Parfois, vous devez provoquer les évènements, dans d’autres cas, il est sage de laisser faire. Il n’y a pas de hiérarchie entre ces deux attitudes, vous devrez choisir la meilleure dans chacune des situations qui se présentent à vous. Dans une relation amoureuse, par exemple, il y a un temps pour l’action et un temps pour l’attente. Dans le travail, il arrive que vous soyez amené à contester une décision, alors qu’il est plus raisonnable, dans certaines circonstances, d’attendre et de voir venir, afin de réserver son énergies pour des combats plus importants.

La leçon de la résignation est apprise dès qu’il s’agit d’un acte conscient et non pas une forme de passivité qui vous aiderait à échapper à vos responsabilités.

Il y aura des moments, dans votre vie, où vous devrez vous défaire de certains blocages qui vous empêchent de créer votre propre réalité. L’une de mes stagiaires, nommée Nancy, avait si peu d’estime d’elle-même qu’elle hésitait continuellement à prendre le contrôle de sa vie. Elle ne croyait pas être capable du meilleur et se contentait de la mention « passable ». Elevée au Brésil, Nancy avait toujours été comparée, à son désavantage, à sa sœur aînée. Sa mère la présentait immanquablement comme « ma deuxième fille », si bien qu’elle avait fini par croire qu’elle ne pourrait jamais être la première en quoi que ce soit. Même ses vêtements étaient de seconde main, et on ne lui offrait jamais d’autres jouets que ceux dont sa sœur ne voulait plus. Pour affronter les défis et remporter les victoires de l’âge adulte, Nancy devait d’abord évacuer ce problème.

Il existe un autre sentiment capable de freiner l’évolution, c’est la colère. Certains se cramponnent à leur colère contre leurs parents, contre l’éducation qu’ils ont reçue, contre un conjoint qui les déçoit, ou contre le destin qui leur joue des tours pendables. Cette colère parasite leur subconscient et les empêche de cultiver leur capacité naturelle de création.

Il arrive aussi que les mauvais souvenirs nous encombrent l’esprit au point de nous interdire nos élans de générosité et d’imagination.

Quels que soient les blocages qui entravent votre marche en avant, vous avez le moyen de vous en débarrasser en appliquant deux leçons que nous avons déjà passé en revue : la prise de conscience et la bonne volonté. Une fois que vous avez pris conscience de l’obstacle, vous trouverez le moyen de vous en débarrasser et d’évacuer le problème.

Le courage

« Le courage est le prix que demande la vie en échange de la paix » Amelia Earhart

Avoir du courage, c’est trouver l’élan et la force intérieure nécessaires pour combattre le danger, la difficulté ou l’opposition. C’est le courage qui permet d’accomplir les actions d’éclat les plus spectaculaires, mais c’est lui aussi qui préside aux premiers pas du bébé. Il existe en chacun de nous, prêt à se manifester à chaque fois que des barrières à premières vue insurmontables se dressent devant nous. C’est la source d’énergie qui nous permet d’aller de l’avant.

Il faut du courage pour accepter l’idée que nous avons le pouvoir de mener notre vie comme nous l’entendons et pour agir en ce sens. Vous pouvez apprendre à solliciter votre courage en analysant ce qui se passe à l’intérieur de vous-même et en le nourrissant de spirituel. Qu’est-ce qui vous incite à agir ainsi ? Pour certains, c’est la conviction qu’il existe une puissance supérieure, pour d’autres la pratique de la méditation, la lecture des philosophes ou des penseurs du passé. Peu importent vos liens avec la transcendance ou le divin, ce qui compte, c’est que vous sachiez y puiser le courage nécessaire.

A certains moments, vous serez incapable de localiser les réserves de courage qui sont en vous. C’est en de telles circonstances que vous aurez besoin de ceux qui vous aiment. Vous pouvez retrouver votre courage dans le soutien de ceux qui croient en vous assez fort pour vous permettre de surmonter cette phase d’amnésie temporaire, à l’occasion de laquelle vous avez oublié votre ténacité.

La leçon du courage est apprise lorsque vous avez assez de foi pour sauter dans le vide et passer à l’action.

Quelles sont les peurs qui vous empêchent de sauter dans le grand bain ? Tirez-les au clair de façon à pouvoir desserrer l’étau. Les peurs, réelles ou imaginaires, ne font que vous gêner dans votre progression. Extirpez-les de votre vie, et vous aurez appris la leçon du courage.

La force

« Il n’y a personne, nulle part, qui ne soit capable de faire davantage que ce qu’il croit pouvoir faire. » Henry Ford

La force nous permet de démontrer notre capacité à manifester la réalité. A l’intérieur de chacun de nous réside la source de cette force et nous devons être capables de la convoquer pour modeler nos vies conformément à nos vœux. La force est un état naturel. Nous la possédons tous et nous y avons un accès imprescriptible.

Il n’est pas nécessaire de chercher la force à l’extérieur, puisqu’elle est innée. Elle est aussi essentielle à notre survie que l’air que nous respirons. La force est ce qui nous permet, jour après jour, d’aller de l’avant, ce qui nous soutient dans les moments difficiles, ce qui nous donne la possibilité de faire ce que nous croyons devoir faire. Elle brille comme un fanal, et nous projetons sa lumière vers le monde extérieur.

Malheureusement, il arrive aussi que nous ayons du mal à discerner la lumière qui est en nous. Notre circuit intime n’est pas à l’abri des « sautes de tension ». Dans ces cas-là, il faut trouver la panne et la réparer.

Les pannes se présentent sous des formes diverses : l’intimidation, le découragement, la déception, l’opposition, le doute, pour n’en citer que quelques-unes. Elles surviennent lorsque votre résistance est à bout ou que votre confiance en vous diminue. Le meilleur moyen de réparer la panne est de se remémorer les succès passés et l’énergie dont vous vous êtes montré capable. Faites régulièrement des petites choses pour vous prouver que vous savez les faire, comme suspendre un tableau ou programmer le magnétoscope. Perdez l’habitude de compter automatiquement sur les autres, et votre confiance en vous s’en trouvera renforcée. De telles situations se présenteront toute votre vie. Mais si vous trouvez la bonne méthode pour accéder facilement à la force qui est en vous, vous sortirez vainqueur de l’épreuve et vous ne vous laisserez pas surprendre aussi souvent.

Le goût de l’aventure

« La vie est une aventure, sinon elle n’est rien. » Helen Keller

Helen Keller sait de quoi elle parle. Elle est née sourde et aveugle. Il a fallu toute l’intelligence de son entourage et toute son énergie personnelle pour qu’elle cesse de vivre en petit animal traqué, prisonnier du silence et de la nuit, pour redevenir une personne à part entière. Votre existence, à vous aussi, peut être une suite d’aventures extraordinaires, remplie de moments merveilleux et d’expériences fabuleuses. Si vous laissez la porte ouverte aux surprises qu’elle vous réserve, elle se transformera en parcours enchanté. Ne muselez pas votre enthousiasme : l’aventure est au bout du chemin.

Une aventure est une expérience qui fait bon marché de votre confort quotidien. Votre sang circule plus vite et votre cœur bat à la pensée de ce qui vous attend. L’aventure, le goût du risque élargissent votre horizon et vous entraîne vers des mondes inexplorés. Vous êtes conscients que vous êtes vivants, et cela en vaut la peine.

C’est à vous de décider ce que vous faites de votre existence. Vous pouvez tout aussi bien mener une vie remplie d’aventures grandes ou petites, ou rester bien au chaud dans votre cocon, sans jamais connaître la joie de vous abandonner à l’imprévu avec audace et détermination. Un parcours dénué d’aventure est certainement plus rassurant, mais tellement plus terne. Si vous ne prenez pas de risques vous ne progresserez jamais.

Or, nous sommes nés avec une soif d’apprendre qui nous projette hors du quotidien. Les enfants, spontanément, ont le goût de l’aventure et sont naturellement curieux, prêts à toutes les expériences. Ni les convenances sociales ni la peur de l’échec ne sont là pour les freiner. Mais au fur et à mesure que nous grandissons, le monde nous impose ses peurs et ses interdits. Le monde de l’aventure est barré par des avertissements multiples : « Ne touche pas ! Tiens-toi bien ! ». L’étincelle pâlit peu à peu, et les bambins insouciants, même sans s’en apercevoir deviennent des adultes responsables.

C’est ce sens du merveilleux que nous devons retrouver, pour que la joie de découvrir des mondes nouveaux nous revienne en mémoire. L’étincelle oubliée revient parfois, sous forme d’une envie subite – apprendre à conduire une planche à voile ou partir en Alaska -, que nous chassons d’un revers de main, parce que nous la considérons, avec l’assurance péremptoire des grandes personnes, comme une idée stupide ou un risque inutile. Mais si vous savez cultiver l’étincelle, vous ouvrirez la porte à des expériences merveilleuses et à des rencontres inoubliables. Vous pourrez vivre vos rêves.

Règle n°9

Toutes les questions ont déjà une réponse

Vous n’avez pas autre chose à faire que regarder, écouter et vous faire confiance.

Toutes les réponses aux questions que vous vous posez sont à portée de votre main.

Il suffit de regarder de tous vos yeux, d’écouter de toutes vos oreilles et surtout de faire confiance à votre instinct. Aucune source extérieure de sagesse ne peut parvenir jusqu’à vous pour résoudre vos problèmes intimes si vous ne vous efforcez pas d’abord d’être votre propre professeur. A l’intérieur de vous-même, vous savez déjà tout ce que vous avez besoin de savoir.

Nous possédons tous un ADN spirituel, une forme de sagesse intérieure qui réside en nous et nous transmet des messages adaptés à notre itinéraire personnel. Ces messages sont des signaux ou des directives, fruits de notre intuition naturelle qui nous guide vers une existence authentique. Ce sont les galets lumineux, sur notre passage à gué, qui nous préservent des grands fonds et nous aident à trouver la bonne voie. Ils s’allument et clignotent au moment voulu pour nous fournir les réponses dont nous avons besoin.

Les indices qui nous parviennent peuvent prendre une infinité de formes. Parfois, c’est une petite voix intérieure, à d’autres moments un éclair de clairvoyance. Le message peut parvenir jusqu’à nous par le biais d’une lettre, d’un coup de téléphone ou d’un proverbe inscrit dans un cendrier ou sur le couvercle d’une boîte à thé. Il peut sonner comme un carillon de cloches dans le lointain, ou flotter dans les airs comme un murmure – c’est le cas du message adressé au personnage qu’incarne Kevin Costner dans jusqu’au bout du rêve. Vous saurez sans difficulté qu’il s’agit véritablement d’un message : il s’imposera et se répétera jusqu’à ce que vous lui prêtiez l’oreille.

Même si vous n’êtes pas disposé à les écouter, les messages vous retrouveront partout où vous chercherez à vous cacher. Si vous fermez la porte, ils entreront par la fenêtre. Si vous barricadez les fenêtres, ils se glisseront par la cheminée. Si vous refusez d’écouter cette petite voix intérieure, si vous fermez votre cœur à la vérité, elle trouvera d’autres moyens de se manifester par la négative : la dépression, la dépendance ou simplement la mauvaise humeur. Plus vite vous accepterez la vérité, plus légers seront vos pas sur la voie de la sagesse.

Il y a quelques années, je devais dîner avec les membres de mon équipe. Nous étions au mois de décembre, il neigeait et nous attendions les quatre retardataires. C’étaient des gens sérieux et responsables, et je m’inquiétais de ce retard inhabituel. Une heure plus tard, ils n’étaient toujours pas là. C’est alors que j’entendis une petite voix qui disait : « va te poster au coin de la rue ». J’étais enceinte de sept mois, le temps était glacial, et je n’avais aucune raison de faire le sémaphore. Je fis taire la voix et continuais à discuter avec mes amis. Mais le message repris plus fort. Je trouvais une vague excuse, drapais mon gros ventre dans les plis de mon manteau et sortis. Vous vous en doutez, j’allais me poster à l’angle de la rue, malgré le ridicule de la situation.

A ce moment précis, la voiture de mes amis déboucha d’une rue voisine : ils tournaient en rond depuis plus d’une heure, incapables de trouver l’adresse du rendez-vous, et furent enchantés et surpris de me voir. « Qu’est-ce que tu fais là par ce froid ? » me dit l’un d’eux. « C’est mon secret », lui répondis-je.

Les messages qui nous parviennent sont parfois aussi bizarres et futiles que celui-là. Peu importe. Si vous vous sentez poussé à sortir le chien, faites-le. Marcher dans le parc en oubliant vos préoccupations du moment est peut-être nécessaire, à ce moment-là, à votre santé physique et mentale.

Tous les messages ont un sens. Si vous savez écouter, vous trouverez la bonne longueur d’onde. L’objectif de la règle n°9 est de vous amener à entendre les messages qui vous sont destinés et à les suivre. Votre esprit travaille sans cesse et il y a beaucoup de parasites sur la ligne. C’est pourquoi il est important et souvent difficile d’isoler les vrais messages de ce bruit de fond. Ceux qui nous échappent le plus volontiers, bien sûr, sont ceux qui nous prennent au dépourvu. Ce sont pourtant les plus significatifs.

Suivre les messages que nous envoient notre sagesse intérieure nous permet d’éviter ce que j’appelle le « syndrome de l’imposteur, cette faculté que nous avons de simuler, de jouer un rôle pour lequel nous ne sommes pas faits, sans avoir le courage de le reconnaître.

Pour retrouver plus facilement les voies de notre sagesse innée, il vous faudra apprendre les leçons de l’attention, de la confiance et de l’inspiration. C’est le seul moyen d’accéder aux réponses qui se trouvent déjà en vous.

L’attention

« La prise de conscience, ce n’est pas autre chose que l’attention soutenue que nous portons à tout ce qui nous entoure. » Deepak Chopra

L’attention suppose que vous sachiez tirer profit des messages qui vous parviennent, verbalement ou par d’autres biais. La leçon de l’attention n’est à aucun moment aussi importante que lorsqu’il s’agit de notre connaissance intime ; quel est l’intérêt de cette connaissance quasi divine si nous ne savons pas l’exploiter ? Vous apprendrez la leçon de l’attention lorsque vous saurez utiliser au mieux de vos intérêts les messages que vous envoie votre ADN spirituel.

Nous devons être attentifs aux messages que nous recevons et ne pas forcément leur donner le sens que nous attendions. Tâchons donc de recevoir et d’interpréter des évènements qui jalonnent en ouvrant grand notre esprit et notre cœur.

La confiance

« Aies confiance en toi ; tous les cœurs vibrent à l’unisson de cette corde de fer. » Ralph Waldo Emerson

Une fois que vous aurez appris à écouter les messages qui vous sont destinés, vous pourrez passer au stade suivant : leur accorder du crédit. Vous apprendrez la leçon de la confiance lorsque vous sauterez dans l’inconnu en sachant que c’est pour votre bien. La confiance vous permet d’harmoniser vos instincts et la reconnaissance de ce qui va dans votre intérêt. De cette façon, vous vous reposerez de manière absolue sur la validité de ces messages.

Dans le cadre de mes ateliers, j’incite les participants à croire ce que leur disent les messages qu’ils reçoivent. Très souvent, ils en ont peur. Lorsqu’ils surmontent cette peur et commencent à écouter avec attention leurs messages intérieurs, il se passe des choses étonnantes. J’ai vu un banquier compassé gesticuler en jouant de la guitare électrique. J’ai entendu Sari, mannequin vedette d’une agence de New York, se mettre à hurler à tue-tête et comprendre qu’elle avait besoin, une fois terminées ses séances de photo, de se retrouver au sein de la nature et de donner libre cours à sa vitalité.

On nous apprend, tout au long de notre vie, à nous méfier de nous-même. Les enfants doivent abdiquer leurs idées personnelles et faire comme leurs parents, « parce que c’est comme ça ». Les médias nous invitent à chercher des réponses à l’extérieur – dans des loisirs imposés, dans des produits à la mode, auprès de « gourous » divers et variés. Même les programmes scolaires s’emploient à tuer l’imagination et le libre arbitre. On nous bombarde de messages qui nous mettent en garde contre nos initiatives personnelles.

Echec ou succès, il faut apprendre à se faire confiance et à affronter les épreuves de la vie de sa propre initiative. Le mieux est de commencer par des messages simples. Par exemple, lorsqu’une petite voix vous suggère « téléphone à ta mère » ou « achète-toi cette robe », suivez les instructions. Se rappeler les occasions où l’on a suivi son instinct et pris la bonne décision peut aussi aider. Chaque fois que je reçois un message qui, au premier abord, paraît complètement absurde, je me rappelle l’épisode du « coin de la rue » et je me dis que suivre l’inspiration du moment ne peut que déboucher sur de bonnes choses.

L’inspiration

« Au milieu de nos préoccupations quotidiennes, il nous faut trouver la sève qui nourrira notre âme créative. » Sark

L’inspiration est le moment béni où l’esprit qui est en soi se réveille. Une étincelle jaillie du monde extérieur ranime une petite flamme intime et suscite un message. Celui-ci vient à point nommé vous rappeler que toutes les réponses sont en vous et que, dans le royaume qui est le vôtre, vous êtes le magicien le plus puissant.

Il est facile de passer à côté de ces moments de grâce, sauf si vous apprenez à reconnaître le signal et si vous lui permettez d’arriver jusqu’à votre conscience. Plus vous aurez appris à cultiver la connaissance qui est en vous, mieux vous saurez reconnaître ces moments d’inspiration – dont la plupart peuvent transformer profondément votre existence.

Etre attentif à la nature peut vous y aider. L’énergie que suscite la fréquentation de la nature nous met en prise direct avec ce qu’il y a de plus profond en nous. Thoreau a passé deux ans en solitaire au plus profond des forêts afin de communier avec la nature et de découvrir la sagesse qui était en lui. C’est là qu’il a écrit ses œuvres les plus inspirées – dans lesquelles s’exprime une sagesse intemporelle dont chaque postulat, un siècle plus tard, frappe par sa modernité. Sa retraite lui avait permis de découvrir ses propres réponses, comme vous serez capable de découvrir les vôtres. Nagez dans l’océan, grimpez à un arbre, escaladez une paroi rocheuse ou promenez-vous simplement à travers bois. Peu importe l’activité : laissez-vous porter par le rythme de la nature.

Le domaine des arts, lui aussi, est une source d’inspiration inépuisable. Lire un poème ou un bon livre pu ouvrir votre cœur et votre esprit, et susciter l’écho de votre propre sagesse. Un morceau de musique, un tableau, peuvent réveiller l’étincelle divine qui est en vous. Chacun de ces chefs-d’œuvre est le fruit d’un moment d’inspiration et ne peut que stimuler la vôtre.

Règle n°10

A la naissance, nous avons tout oublié

Pour retrouver la mémoire, il faut être capable de faire tourner à l’envers l’hélice de la connaissance.

À n’en pas douter, nous connaissions toutes ces choses en venant au monde. Mais nous les avons oubliées, en passant du monde spirituel au monde matériel. Chaque leçon apprise est comme une petite pierre le long du chemin, et nous les reconnaissons au passage, du moins pour certaines d’entre elles.

Quand le déclic se fait en vous et que vous assimilez une leçon, vous ne faites que vous remémorer ce que vous saviez de toute éternité. Lorsque vous êtes comme frappé d’un éblouissement, c’est que le souvenir vous revient. Lorsque la paix vous envahit, c’est que le souvenir vous revient. Certains parlent d’un « alignement de planètes », d’autres d’une « fusion avec Dieu », d’autres encore de sérénité. Peu importe. L’essentiel est que vous compreniez que vous avez retrouvé la mémoire.

La conscience est soumise à un ballet incessant de souvenir et d’oubli. Le souvenir, c’est la mémoire éternelle que vous retrouvez lorsque vous vous éveillez à la vérité. L’oubli, c’est l’amnésie temporaire qui vous frappe lorsque cette vérité vous échappe. Nous sommes frappés d’oubli chaque fois qu’un effort trop grand nous est demandé. Nous perdons pied et nous effaçons de notre souvenir la sagesse universelle que tous les êtres humains ont reçue en héritage.

Les cycles du souvenir et de l’oubli se succèdent sans fin au cours de notre vie. Il nous arrive aussi de reconnaître et d’appliquer les vérités universelles à un domaine particulier, le travail, par exemple, et de les oublier en d’autres circonstances, sur le plan des sentiments et des relations humaines.

On peut se souvenir dans la journée et oublier dès la nuit tombée, ou l’inverse. Ce petit recueil est là pour vous servir de pense-bête. Il ne propose pas des « commandements » au sens prescriptif du terme, mais des vérités universelles, qui ont le mérite d’être valables pour tous. Si vous avez le sentiment de vous perdre en route, relisez-les. Elles vous aideront à éclaircir votre horizon, comme le vent chasse les nuages.

L’objectif de la règle n°10 est de vous amener à respecter votre vérité, sans relâche, et à inventer des moyens faciles pour retrouver le droit chemin lorsque vous avez le sentiment de vous perdre en route. Vous y parviendrez en assimilant les leçons de la foi, de la sagesse et surtout de la certitude qu’il n’existe pas de limites à ce que nous sommes capables de faire. De cette façon, vous accéderez à la maîtrise de vos plus hauts niveaux de conscience et au royaume de la progression spirituelle.

Certes, la vérité bannit à jamais le confort de l’ignorance. Mais elle vous révèle enfin à vous-même, et la vie devient une aventure beaucoup plus passionnante.

La foi

« La foi est un don de l’esprit qui permet à l’âme de rester attachée à son propre épanouissement. » Thomas More

Entretenez la certitude que vous découvrirez votre vérité et la connaissance enfouies au fond de votre âme. Vous vous heurterez, bien sûr, à des moments d’obscurité et d’incertitude. La vie n’est pas toujours facile, et il vous arrivera de ne pas comprendre ce qui vous arrive et de vous sentir dépassé. C’est dans ces moments-là que vous aurez besoin de toute votre foi.

La foi est une lumière qui brille dans la nuit, c’est le filet invisible qui vous empêche de tomber dans le vide. C’est ce qui vous permet de surmonter ces phases d’amnésie temporaire. Avoir la foi, c’est croire, tout simplement, sans preuve : c’est être sûr que, même si la vérité semble floue, elle resurgira bientôt dans toute sa netteté.

Il existe quantité de façons de régénérer sa foi lorsque la lumière faiblit. S’entourer de gens qui vous connaissent bien, qui savent quelle est votre personnalité profonde, est un bon moyen de garder le contact avec soi-même. Théa Alexander appelle « tuteurs d’évolution personnelle » ces soutiens précieux qui nous aident à passer les caps difficiles, à retrouver l’étincelle qui est en nous.

Un autre moyen de garder la foi est de s’entourer d’objets, de symboles ou de citations qui nous rappellent, comme un nœud à notre mouchoir, des moments de notre vie où nous avons été capables de grandes choses ou stimulés par des joies simples.

Pour nourrir leur foi, certains choisissent la prière, les exercices respiratoires, la lecture, la méditation, le jogging. D’autres préfèrent dessiner ou jouer avec le chien. Ces activités sont autant de mécanismes qui vous permettent de vous ressourcer. Qu’est-ce qui vous redonne de l’énergie spirituelle ? Qu’est-ce qui vous sert de garde-fou ? Quel coup de talon vous permet de remonter à la surface quand vous avez le sentiment de vous noyer ? Sachez identifier, lorsque tout va bien, ces moyens de retrouver votre foi en vous, la recette vous sera bien utile en temps de crise. Il ne s’agit que de suggestions. Vous seul savez ce qui peut rétablir le contact avec votre nature essentielle.

La sagesse

« On ne reçoit pas la sagesse, il faut la découvrir soi-même, après un trajet que personne ne peut faire pour nous. »

Le but ultime de l’existence, c’est d’accéder à la sagesse. La sagesse est le plus haut degré de la connaissance et de la compréhension du monde. C’est la sagesse qui offre les perspectives les plus larges, qui éclaire le sens de la vie et sublime les leçons que nous avons reçues en chemin. Lorsqu’on parvient à la sagesse, la lumière jaillit.

La sagesse n’est pas un stade à atteindre, c’est plutôt un état à retrouver. Nous sommes nés avec toute la sagesse dont les humains ont besoin pour vivre sur cette planète. Ce qu’il faut, c’est rétablir le contact. Vous êtes le réceptacle de la sagesse du monde, aussi sûrement que Bouddha, Aristote ou Confucius. La différence, c’est qu’ils ont accédé à des profondeurs de la pensée qui nous restent souvent inaccessibles. La sagesse n’est pas l’intelligence. Elle n’a rien à voir avec le niveau de QI, ni avec vos résultats scolaires. Au contraire, c’est un niveau élevé de l’évolution émotionnelle, spirituelle et mentale, en vertu duquel l’intuition vaut l’information, l’écoute la compétence et l’inspiration le savoir. La synergie est parfaite entre la plus intime compréhension du monde et l’acte le plus banal de la vie.

Les leçons que ne cessons d’apprendre continuent à paver notre route. Nous approchons toujours plus près de la sagesse universelle, de ce que Carl Jung appelle « l’inconscient collectif ». Les forces qui nous lient à nos congénères nous permettent d’entrer en contact avec la source intarissable de toute sagesse. La méthode est simple : nous devons retrouver ces liens pour accéder aux sources de la sagesse. C’est un peu comme l’amour : plus vous donnez, plus vous recevez. Votre potentiel de sagesse augmente chaque fois que vous la partagez avec les autres.

Il ne nous arrive pas tous les jours de croiser un sage. Mais nous avons tous fréquenté un jour ou l’autre un grand-père, un professeur, dont la sagesse était rayonnante. Si par hasard aucun membre de notre entourage ne présente cette caractéristique, les exemples ne manquent pas parmi les personnalités passées et présentent qui sont dignes de notre admiration et de notre respect. Pensez aux personnes qui ont influencé votre vie et votre vision de la sagesse.

Vous ferez un pas de plus vers la sagesse chaque fois que vous élargirez votre façon de voir les choses, que vous prendrez de la distance par rapport à la situation telle qu’elle se présente à première vue.

Trouver la sagesse qui est en nous n’est pas une démarche égoïste. Nous avons beaucoup à apprendre des autres, mais aussi beaucoup à leur donner. Cette leçon contribuera à votre évolution, certes, mais vous contribuerez ainsi à l’évolution du monde.

Le refus des limites

« Ce que nous appelons résultat est en fait un commencement. » Ralph Waldo Emerson

La dernière leçon à assimiler, c’est que nous sommes capables de tout, aussi longtemps que nous suivons la voie tracée pour chacun de nous, comme cet ouvrage a tenté de vous le faire comprendre. Vous devez être certain qu’il n’existe pas de limites à ce que vous pouvez devenir, à ce que vous êtes capables de faire. Votre évolution est un processus permanent, et votre potentiel de croissance est infini.

Au moment de votre naissance vous le saviez. Mais en grandissant, vous avez intégré les principes de la socialisation et peut-être en êtes-vous venu à penser que certains barrages vous empêchaient d’accéder aux plus hauts niveaux de l’évolution spirituelle, émotionnelle ou mentale. Ces barrages n’existent que dans votre tête. Lorsque vous serez capables de les transcender, c’est que vous aurez appris cette ultime leçon.

Lorsque j’étais enfant, j’ai eu la chance d’avoir une institutrice qui comprenait parfaitement l’importance de cette leçon. Elle nous rappelait chaque jour que nous pouvions accomplir tout ce que nous décidions dans notre tête, malgré la difficulté apparente ou l’opposition de notre entourage. Je souhaite de tout mon cœur qu’il y ait une madame Carbone dans toutes les écoles du monde, afin que les enfants sachent que tous les espoirs leurs sont permis s’ils déploient leurs efforts en ce sens.

Notre potentiel est infini. Le défi que nous devons relever au cours de notre existence est de découvrir ce potentiel en acceptant cette vérité essentielle : il n’y a rien que l’on ne puisse faire, avoir ou être. Tout est à notre portée. Apprenez à connaître vos limites, non pas pour vous incliner servilement, mais pour les réduire en miettes et ouvrir la porte à la magnificence.

Les exploits personnels n’ont pas besoin d’être héroïques pour prouver que l’être humain n’a pas de limites. L’objectif que l’on décide de se fixer – obtenir une mention à un examen ou confectionner de nouveaux rideaux pour la cuisine – importe moins que de se dire que c’est possible et de mettre tout en œuvre pour atteindre son but.

Chacune des leçons de la vie contribue à démontrer qu’on peut toujours aller plus loin. Il n’y a pas de limites à la compassion, à la patience, à la volonté, à l’engagement, à la tolérance, ni à quelque autre sentiment que ce soit. Vous avez une fois pour toute la permission d’aimer et de vous développer à votre guise, et de retrouver toute la sagesse qui est en vous.

Source : « Si la vie est un jeu, en voici les règles », Chérie CARTER-SCOTT, éditions Michel Lafon | Vu sur stopmensonges.com


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