Des scientifiques ont reproduit l’expérience de Stanley Milgram, où des personnes acceptaient (ou non) d’en électrocuter d’autres sur l’ordre d’une autorité. Très controversés à l’époque, les résultats démontraient que la plupart des participants se soumettaient. Aujourd’hui, rien n’a changé.


Seriez-vous capable d’électrocuter quelqu’un si une personne que vous jugez légitime vous le demande ? D’instinct, beaucoup répondraient non. Après tout, nous ne sommes pas des animaux et nous avons tiré des leçons du passé. Vraiment ? Une nouvelle étude publiée dans la revue Social Psychological and Personality Science prouve que rien n’est moins sûr. Entre l’obéissance et la morale, la balance penche fortement d’un côté.

Obéir, quitte à tuer ?

L’expérience grandeur nature du psychologue américain Stanley Milgram, menée entre 1960 et 1963, avait créé la polémique. Pour comprendre et mesurer le degré d’obéissance d’un individu, les scientifiques demandaient alors à un premier groupe d’apprendre des mots à un second. En cas d’erreur, les « enseignants » avaient pour consigne d’envoyer une décharge électrique. Plus les erreurs étaient nombreuses et plus la décharge était puissante (de 15 à 450 volts). Juste, pas juste, constructif ou non, c’était la règle.

Lire aussi : L’expérience de Asch : Quand le groupe prend le pouvoir sur les décisions prises par un individu

Durant l’exercice, malgré les cris de douleur et les visages crispés des élèves – en réalité des acteurs -, 62% des participants ont continué d’appuyer sur le bouton de la torture. Certains d’entre eux auraient même pu tuer leurs élèves si les doses de voltage avaient été réelles. Au moment du débrief, un mois plus tard, les cobayes expliquent avoir obéi d’instinct et fait confiance à l’autorité scientifique.

90% des participants acceptent d’infliger le plus haut niveau de choc électrique

Un demi-siècle plus tard, des chercheurs de la SWPS University of Social Sciences and Humanities (Pologne) ont réitéré l’expérience. Pour cela, l’équipe du professeur Tomasz Grzyb a recruté 80 personnes, âgées de 18 à 69 ans, réparties également entre les deux sexes. Comme pour l’expérience de Milgram, les volontaires avaient pour ordre d’appuyer sur un bouton délivrant un courant électrique.

Verdict : 90% des participants ont accepté d’infliger le plus haut niveau de choc électrique, létal. « Notre étude a une fois encore illustré le pouvoir phénoménal de la situation à laquelle les sujets doivent faire face et la facilité avec laquelle ils acceptent de faire des choses qui leur semblent désagréables », détaille le Pr Grzyb. De quoi nous faire réfléchir !

Article initialement publié sur lci.

Information relayée par cnews & sputniknews.

Publicités

Laisser un commentaire