Découvrez quelques vérités surprenantes sur l’apprentissage, la mémoire, et votre cerveau pour mieux l’exploiter.

 

Tout le monde devrait apprendre à comprendre son cerveau. Nous sommes nés curieux et nous apprenons toujours au quotidien pour évoluer. C’est une capacité incontrôlable, mais la seule chose qu’on peut contrôler est lecomment de notre apprentissage.

Benedict Carey est journaliste scientifique au New York Times, il a écrit « How We Learn », un livre qui explique, grâce aux dernières recherches scientifiques, comment fonctionne le processus de mémorisation du cerveau lorsque nous apprenons.

L’auteur suggère que nous devons revoir nos croyances traditionnelles sur l’apprentissage en favorisant une pratique plus flexible. Pour Carey, l’ignorance, la distraction, l’interruption, l’agitation, peuvent travailler en notre faveur.

Grâce à quelques bases en neuroscience et des conseils pratiques, vous pourrez concevoir des bonnes routines pour apprendre plus efficacement.

Comment se forme un souvenir dans votre cerveau

Les souvenirs sont créés à grâce à la connexion de neurones, ou des cellules, qui envoient des signaux dans le cerveau pour transmettre de l’information. Lorsque vos neurones sont stimulés, ils forment des synapses, un réseau de neurones connectés.

À chaque fois qu’on retrouve un souvenir spécifique, les synapses deviennent plus épaisses. Autrement dit, plus c’est épais et plus le rappel de cette information stocké dans ce réseau est rapide et clair.

Mais tous les souvenirs ne sont pas tous conservés au même endroit, formant un énorme nœud de synapses. Pourquoi ? Parce que nous avons plusieurs types de mémoires situés dans différentes zones du cerveau.

  • Le cerveau reptilien : est programmé pour assurer votre survie (alimentation, sommeil, reproduction). Respirer, cligner des yeux sans y penser, réflexes de défense, s’enfuir face à un danger, c’est grâce à lui.
  • Le cerveau limbique : joue un rôle important dans votre comportement, la gestion des relations avec autrui, la mémoire et produit des hormones adaptées en réponse à ce que vous vivez. C’est le siège des émotions.
  • Le néocortex : permet les fonctions cognitives supérieures comme la pensée complexe, l’apprentissage, le raisonnement spatial, la conscience.

Lorsque vous pensez à un souvenir, votre cerveau recherche où cette information sensorielle est conservée. Si un souvenir inclut beaucoup destimuli différents — couleurs ou odeurs ou textures — alors vous pouvez vous en souvenir plus clairement.

C’est pour cela que des marques déboursent des fortunes pour que vous puissiez associer différents stimuli à leur produit. Exploiter cette vulnérabilité porte un nom : le marketing sensoriel.

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Apprendre plus intelligemment

Le spacing effect, diviser pour mieux se souvenir

Pour mieux conserver l’information, vous n’avez pas besoin de passer plus de temps à apprendre, mais à mieux répartir votre apprentissage en le divisant par des séances de courtes durées. Cela s’appelle l’effet d’espacement (spacing effect).

En espaçant votre apprentissage, votre cerveau est plus apte à coder de l’information dans vos synapses. Cela prépare aussi votre cerveau à créer une routine pour améliorer votre compréhension et faire des liaisons avec des concepts appris. L’apprentissage solide, c’est comme arroser une plante, il faut le faire un peu quotidiennement pour en assurer sa croissance.

Varier son environnement d’apprentissage pour mieux retenir

Quand vous étiez à l’école, vous avez pris pour habitude qu’étudier se faisait assis sur un bureau avec un temps consacré et sans être distrait. Qu’en serait-il si vous apprenez dans des endroits différents ?

La grande thèse de Carey est que l’environnement où vous êtes peut grandement affecter votre capacité à retenir ce que vous avez appris. Votre cerveau choisit des repères environnementaux pendant que vous apprenez — l’odeur, un siège inconfortable, un son. Tout cela constitue des indices qui peuvent vous aider à retrouver des informations que vous avez apprises.

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Pratiquer de différentes manières

Vous pouvez créer des variantes comme prendre vos notes sur votre ordinateur un jour et le faire à la main la fois suivante. Ou vous pouvez étudier à l’extérieur un jour et dans votre cuisine la prochaine fois, apprendre à une heure précise, lire silencieusement, et même en écoutant de la musique.

Pourquoi ? Parce que chaque altération de votre routine vous obligent à faire plus d’efforts, ce qui intensifie les gains réalisés par la répétition. Ces variations permettent à l’information que vous avez apprise d’être stocké dans différentes régions de votre cerveau, ce qui favorise la rétention.

Dormir, c’est apprendre les yeux fermés

Il vous est probablement arrivé de vous réveiller avec de nouvelles idées après une bonne nuit de sommeil. Avant de vous endormir, vous faites un peu l’inventaire de votre journée et ce que vous avez appris.

Qu’est-ce qui est terminé et qu’est-ce qui ne l’est pas ? C’est pendant votre sommeil que votre subconscient prend le dessus pour enlever ce dont il n’a pas besoin et garder l’essentiel. Bien dormir améliore la rétention et la compréhension des choses étudiées la veille.

La classe inversée, tester activement ses connaissances avec ses pairs

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Cette méthode est particulièrement efficace entre étudiants, car vous vous appropriez ce que vous avez appris pour en faire vos connaissances.

Lorsque vous expliquez aux autres, votre cerveau s’organise de façon plus logique, cohérente et structurée. Expliquer aux autres, c’est intensifier les connexions entre les neurones et donc retrouver l’information plus facilement et rapidement par la suite.

Vous pouvez vous tester avec la Khan Academy, Quora, ou TED Ed.

S’interrompre pour mieux apprendre

Certaines personnes pensent qu’il est plus efficace de terminer un projet tout de suite pour ne plus y penser. Pourtant, terminer un projet sur une période de temps plus longue laisse place à l’interruption qui est optimale pour l’apprentissage.

Avec plus de temps, vous pouvez penser librement, engager ce que vous avez appris. S’interrompre, c’est aussi l’opportunité de revenir avec de nouvelles idées.

Faire des pauses vous permet de lâcher des hypothèses, et de voir le problème avec une perspective nouvelle. Si vous ne parvenez pas à résoudre votre problème, il est important de prendre une pause. Allez-vous balader, faites autre chose et réessayez plus tard.

Vous vous rendrez compte que vous aurez souvent plus de solutions à vos problèmes lorsque vous n’y penserez plus, des idées sortiront de nulle part.

Testez votre mémoire visuelle

J’ai eu 6/10 en mémoire des mots et 15/15 en mémoire visuelle. Combien aurez-vous ?

L’illusion de l’aisance : l’ennemi numéro 1 des connaissances

Plus vous gagnez en maîtrise et plus vous êtes susceptible de tomber dans l’illusion de l’aisance, soit la croyance que ce qui vous est facile à apprendremaintenant le restera pour les jours à suivre. De fait, vous pratiquez très peu à cause de cette illusion.

La vraie maîtrise consiste à se tester et à vous interroger sur les grandes idées que vous venez d’apprendre. C’est une manière efficace d’améliorer son apprentissage parce que vous essayez de rechercher activement ce que vous avez appris, et vous vous retrouvez dans l’inconfort.

Les erreurs vous aident à identifier les lacunes dans vos connaissances, elles représentent autant d’opportunités pour vous à (ré)apprendre.

Testez-vous : à la fin de la lecture de cet article, demandez-vous « qu’est-ce que j’ai retenu ? » Cela doit devenir un réflexe pour maximiser votre rétention.

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Voici le Cône de l’expérience conçu par Edgar Dale.


Source : medium.com par Onur Karapinar

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