Article initialement publié sur futura-sciences.

Plus de 20 années de données collectées sur plus de 1.600 étoiles épiées avec le spectromètre Hires viennent d’être publiées. Une somme considérable que les chercheurs ont souhaité partager dans la perspective de nouvelles découvertes. Parmi les 357 exoplanètes détectées, plus d’une centaine sont nouvelles. L’une d’elle gravite autour de la quatrième étoile la plus proche de la Terre.

Pour multiplier les découvertes, les chasseurs d’exoplanètes ont besoin de notre aide face aux montagnes de données cumulées. C’est ce que proposent des pionniers comme Geoffrey Marcy, Paul Butler et Steve Vogt qui viennent de rendre publiques près de 61.000 mesures individuelles de plus de 1.600 étoiles, toutes établies depuis 1994 avec l’instrument Hires, installé au foyer du télescope géant Keck-I (10 m de diamètre), de l’observatoire W. M. Keck, au sommet du Mauna Kea, à Hawaï. Conçu à la fin des années 1980, bien avant que la première exoplanète (51 Pegasi b) ne fut découverte, en 1995, le spectromètre a été très sollicité ces vingt dernières années dans la recherche d’autres mondes au-delà de notre Système solaire.

Hires « s’est révélé une bête de somme dans ce domaine », a indiqué le professeur Vogt, de l’université de Californie et qui est le père-concepteur de cet appareil distingué par des récompenses. « Je suis très heureux d’avoir contribué à une science qui est en train de changer fondamentalement la perception de nous-même dans l’univers. »

Débordés, les chercheurs ont donc décidé de partager leurs données, accompagnées d’un véritable mode d’emploi pour qui veut contribuer à leurs recherches. « Un de nos principaux objectifs dans le présent document [le mode d’emploi est consultable ici, NDLR] est de démocratiser la recherche des planètes », a déclaré Greg Laughlin, de l’université de Yale, l’un des auteurs de l’étude à paraître dans The Astrophysical Journal. L’équipe ne cache pas qu’elle s’attend à de nombreuses nouvelles découvertes.

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GJ 411 b, une superterre à seulement 8 années-lumière

Employant la méthode dite « de vitesse radiale », où l’exoplanète qui gravite autour d’une étoile est trahie par l’oscillation qu’elle lui imprime par sa gravité (mouvements fins décelables dans le spectre disséqué avec Hires), les astronomes ont épinglé 357 signatures tangibles au sein de leur catalogue. Parmi elles, quelque 225 étaient déjà connues et confirmées de longue date. S’y sont ajoutées 54 candidates avec une forte probabilité et 60 qui attendent leurs confirmations.

« Nous avons été très conservateurs dans cette étude pour ce qui compte comme exoplanètes candidates et ce qui ne compte pas, a expliqué Mikko Tuomi, de l’université de Hertfordshire, qui a réalisé une analyse statistique, et même avec ces critères exigeants, nous avons trouvé plus de 100 nouveaux candidats de planètes ».

L’un des cas les plus intéressants mis en avant par les chercheurs est la planète GJ 411 b. Située à seulement 8,1 années-lumière (presque deux fois la distance qui nous sépare de Proxima du Centaure), son étoile hôte également désignée Lalande 21185, environ 40 % de la masse du Soleil, est la quatrième étoile la plus proche de notre Système solaire. Avec une masse équivalent à 3,8 fois celle de la Terre, l’objet, qui lui gravite autour en un peu moins de 10 jours, ressemble plus à une superterre qu’à une Terre bis. Est-elle habitable ? Il est encore trop tôt pour le dire. Les auteurs soulignent néanmoins que la tendance à trouver les petites planètes (donc rocheuses) généralement autour des étoiles plus petites, se confirme.

Déjà riche de plus de 3.700 exoplanètes confirmées, le catalogue n’a de cesse de s’étoffer. Mais ce n’est encore rien quand on sait que notre galaxie compte plusieurs dizaines de milliards d’étoiles.

« La meilleure façon de faire progresser la recherche et d’approfondir notre compréhension de ce dont sont faites ces planètes est d’exploiter les capacités d’une variété d’instruments de précision de vitesse radiale puis de les déployer de concert, a indiqué Jennifer Burt du MIT. Mais cela demande aux grandes équipes de rompre avec la tradition et de commencer à mener de sérieux efforts de coopération », a-t-elle conclu.

Pour en savoir plus : futura-sciences

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