La psychologie sociale est l’étude scientifique de la façon dont les pensées, les sentiments et les comportements des gens sont influencés par la présence réelle, imaginaire ou implicite des autres. Dans cette définition « scientifique » se réfère à la méthode empirique de l’enquête. Les termes de pensées, de sentiments et de comportements comprennent toutes les variables psychologiques qui sont mesurables chez un être humain.

L’affirmation selon laquelle la présence d’autrui peut-être imaginée ou implicite suggère que nous sommes enclins à l’influence sociale, même lorsque nous sommes seuls, comme lorsqu’on regarde la télévision ou par l’intermédiaire de normes culturelles intériorisées. Les psychologues sociaux expliquent généralement les comportements humains par l’interaction entre les états mentaux et les situations sociales immédiates. En général, les psychologues sociaux ont une préférence pour les résultats empiriques de laboratoire. Les théories de psychologie sociale ont tendance à être spécifiques et ciblées, plutôt que globales et générales.

Les psychologues sociaux (Kurt LewinHarold J. LeavittJean MaisonneuveSerge Moscovici, etc.) traitent donc les facteurs qui nous amènent à nous comporter d’une manière donnée en fonction d’autrui, et d’examiner les conditions dans lesquelles certains comportements, actions ou émotions se produisent.

La psychologie sociale s’intéresse à la manière dont les émotions, les pensées, les croyances, les intentions et les buts sont construits et comment ces facteurs psychologiques, à leur tour, influencent nos interactions avec les autres.

La psychologie sociale est un domaine interdisciplinaire qui comble le fossé entre la psychologie et la sociologie. Pendant les années qui suivirent immédiatement la Seconde Guerre mondiale, la collaboration entre psychologues et sociologues était fréquente dans le milieu anglo-saxon. Toutefois, les deux disciplines sont devenues de plus en plus spécialisées et isolées les unes des autres au cours des dernières années, avec des sociologues mettant l’accent sur les « variables macroéconomiques » (comme la structure sociale) à des mesures encore plus grandes. Les approches sociologiques de la psychologie sociale permettent de compléter les recherches en psychologie dans ce domaine.

La psychologie sociale s’est également développée sur une opposition entre psychologues sociaux américains et européens. De façon générale, les chercheurs américains se sont davantage penchés sur les phénomènes ayant trait à l’individu, alors que les Européens ont accordé plus d’attention aux phénomènes de groupe.

Encore mal connue et peu enseignée dans les universités françaises, elle se trouve pourtant à la base d’un grand nombre d’applications (psychologie sociale appliquée), de techniques et de pratiques professionnelles : gestion de groupes et d’équipes, sondages, groupes de formation et de créativité, brainstorming, publicité. (Source : Wikipédia)

Les dirigeants de l’ombre et la psychologie du pouvoir.

Un documentaire de Storm Clouds Gathering, qui parle de la part importante de manipulations psychologiques de masses qui se cachent derrière l’étiquette « Relations Publiques » auxquelles recourent systématiquement les cerveaux malades des dirigeants des dernières décennies pour se maintenir au pouvoir.

Ce film présente certaines techniques et accomplissements d’Edward Bernays, en précisant que Bernays, tout comme Walter Lippman s’était inspiré des écrits de Gustave Le Bon, un psychologue-sociologue français (1841-1931).

Le documentaire en 4 parties d’Adam Curtis « The century of Self » qui est cité dans celui-ci est également une mine d’information. Il a été supprimé de Youtube mais est encore sur Vimeo et vaut vraiment le coup.

[… La remarquable série d’Adam Curtis pour la BBC, « The Century of the Self »,  analyse, en quatre épisodes d’environ une heure,  le développement de l’individu consommateur roi avec comme toile de fond le rôle des descendants de Freud.

Pour beaucoup, dans les milieux de la politique et des affaires, le triomphe du moi est l’expression ultime de la démocratie, avec le pouvoir remis entre les mains des personnes. Ces individus peuvent probablement s’estimer responsables, mais le sont-ils réellement ? The Century of the Self raconte l’histoire inédite et parfois controversée du développement de la société de consommation de masse en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Comment le consommateur-roi a-t-il été créé, par qui, pour les intérêts de qui ? …]

Il existe de nombreuses expériences majeures en psychologie mais certaines ont marqué les esprits plus que d’autres. Elles ont d’ailleurs souvent déclenché des polémiques tant elles semblaient révélatrices des actions et réactions humaines et/ou animales. La psychologie est considérée comme une « science molle » par opposition aux sciences dures comme la physique ou les mathématiques car elle ne repose pas sur des formalismes poussés. Elle permet toutefois un éclairage puissant sur nos comportements et relations. Voyons ici 8 expériences parmi les plus significatives.

1 – Expérience de Robbers Cave

En 1954, dans le parc Robbers Cave situé en Oklahoma aux États-Unis, le chercheur Muzafer Sherif a emmené deux groupes de garçons de 11 ans pour une longue excursion. Son expérience a consisté à montrer comment, très rapidement, se formait l’identité de groupe et comment elle pouvait mener à l’antagonisme et à la violence envers les membres exclus du groupe. La première expérience mena les garçons à se grouper. La deuxième mena les groupes à s’affronter et la troisième à la résolution des conflits grâce à la résolution d’un problème commun. Réalisée sur des mineurs et à petite échelle, cette expérience entraîna une polémique mais démontra également notre attitude profondément grégaire.

2 – La prison de l’université de Stanford

Cette expérience est revenue sur le devant de la scène avec les évènements récents d’Abu Ghraib (torture de prisonniers irakiens par des soldats américains). Elle est le fait de Philip Zimbardo qui a divisé arbitrairement deux groupes d’étudiants de l’université de Stanford pour un jeu de rôle : un groupe de prisonniers et un groupe de gardiens. L’expérience a dû être vite interrompue car les « jeux » tournaient à l’humiliation et pratiquement à la torture. Cette expérience marquante a eu le mérite de montrer que le mal est en chacun de nous et ne demande qu’un environnement favorable pour que les pulsions se concrétisent.

3 – L’obéissance à l’autorité de Stanley Milgram

C’est peut-être la plus célèbre de toutes les expériences. Milgram avait été choqué de voir comment les Allemands avaient suivi leur « Fuhrer » et obéi à des ordres pourtant criminels et immoraux. Il voulait vérifier si chacun d’entre nous était capable d’obéir à des ordres absurdes et dangereux pour un tiers. Milgram a donc mis en situation une fausse expérience de test de la mémoire durant laquelle un sujet devait en punir un autre avec des chocs électriques, pour que ce dernier « apprenne mieux ». Devant la blouse blanche, une majorité de gens de toutes origines ont obéi et donné des secousses électriques quasi mortelles. Heureusement, Milgram avait prévu cette réaction : les chocs n’étaient pas réels et le tiers puni était un comédien.

4 – L’expérience de Asch

Cette expérience démontre notre propension à agir de manière illogique devant la pression sociale.Vous faites partie d’un groupe, on vous montre des images-tests et on vous pose des questions dont la solution est évidente (de simples comparaisons de longueur de barres) mais les autres répondent tous en cœur une contre-vérité flagrante. Vous aurez un moment d’hésitation mais pour ne pas apparaître comme la brebis galeuse de l’assemblée, vous allez être très tenté de vous incliner et de répondre conformément à la déclaration du groupe. L’expérience prouve que notre jugement et notre individualité ont leurs limites.

5 – La Dissonance cognitive

La première expérience marquante à ce sujet a été réalisée par Léon Festinger en 1959. On remarque que l’on arrive assez facilement à faire en sorte qu’une personne ignore, de manière inconsciente, sa propre expérience afin de résoudre des contradictions internes. Si on l’y incite, le sujet va tenter de convaincre les autres de manière appuyée que ce qu’il avance, bien que mensonger, est vrai. En réalité, c’est encore notre instinct grégaire qui nous pousse à être tentés d’intégrer malgré nous un mensonge comme une vérité afin de résoudre les contradictions entre actes et valeurs propres.

6 – L’expérience du bon samaritain

Les psychologues J. Darley et D. Baston ont voulu vérifier si les religieux avaient une plus grande propension à aider les autres. On a donc confié à certains volontaires la mission d’apprendre puis de donner une conférence sur le bon samaritain de la bible. D’autres ont eu pour mission de faire une conférence sur un sujet non religieux. Ensuite, on fait intervenir un comédien qui simule une détresse sur le chemin vers le lieu où doivent se tenir les conférences. Lors de l’expérience, aucune différence d’implication entre les deux groupes n’a été remarquée. La moralité et la religion n’ont apporté aucune nuance statistique concernant l’aide à autrui. Ce qui a joué sur les résultats était le temps que l’on donnait aux personnes pour rejoindre le lieu de la conférence : s’ils étaient pressés, seulement 10 % étaient prêts à aider !

7 – L’effet du témoin

Un fait divers assez horrible mentionnait qu’une femme avait été assassinée sans qu’aucun témoin présent n’intervienne ou n’appelle les secours. Des psychologues, John Darley et Bibb Latane ont réalisé une expérience durant laquelle une discussion avait lieu par interphone avec d’autres personnes. Un comédien devait simuler une crise d’épilepsie. L’expérience a montré que si la discussion n’a lieu qu’avec une seule personne, 85 % des témoins à distance interviennent. Si par contre, la discussion fait intervenir d’autres personnes (des complices) qui ignorent le sort du comédien, seuls 31 % appellent à l’aide. Moralité : si un jour, vous êtes pris d’un problème de santé sur la voie publique, désignez quelqu’un pour qu’il vous aide. Sinon, il n’est pas impossible que l’aide tarde à venir…

8 – La théorie des perspectives

Cette théorie a valu un prix Nobel à ses auteurs, Daniel Kahneman et Amos Tversky. C’est également une théorie économique car elle porte sur la prise de décisions. Validée par diverses expériences, elle avance que les gens sont tentés de prendre des décisions contraires selon que l’on présente « la bouteille à moitié vide » ou « la bouteille à moitié pleine » ; bref, on peut facilement jouer sur les mots pour influencer n’importe qui. La prochaine fois que vous voulez que quelqu’un prenne une décision importante, soignez les termes employés car ils peuvent facilement faire la différence dans la balance pour la prise de décision !

(Synthétisées par maxisciences.com)


L’ingénierie sociale, parfois appelée la science et l’art du piratage humain, est devenue très populaire ces derniers temps étant donné la croissance exponentielle des réseaux sociaux, des messageries par e-mail et autres formes de communication électronique. Dans le domaine de la sécurité de l’information, ce terme est très utilisé pour faire référence à toute une série de techniques utilisées par les criminels qui souhaitent manipuler leurs cibles dans l’objectif d’obtenir certaines informations sensibles ou de les convaincre de réaliser certaines actions qui pourraient sérieusement compromettre leurs systèmes.

L’Ingénierie sociale peut se référer à :

Ce documentaire explique les bases des études visant à contôler les masses :

La cybernétique peut être considérée comme particulièrement déterminante à l’ère de l’information et des systèmes complexes. La maîtrise des systèmes complexes que nous avons créés, ainsi que la compréhension de cet autre système complexe qu’est la biosphère, font partie des enjeux majeurs pour le 21è siècle.
Le type de société qui émerge aujourd’hui dans les pays industrialisés découle directement des applications de la cybernétique: processus de robotisation de la production, réseaux financiers mondialisés, nouvelles méthodes de management et d’organisation de l’entreprise, réseaux de communication et réseaux informatiques, nouveaux systèmes d’armes intelligentes…

La cybernétique est par essence une science du contrôle et de l’information, visant à la connaissance et au pilotage des systèmes. La signification étymologique du mot cybernétique désigne « l’action de manœuvrer un vaisseau, de gouverner » (du grec Kubenêsis).

Lorsque la cybernétique a été inventée, le gouvernement américain souhaitait la classer « secret défense ». Grâce à l’opposition de Norbert Wiener, la cybernétique a été rendue publique mais sa diffusion a été restreinte à un cercle de spécialistes. (Voir le document – Silent weapons for quiet wars – un manuel de programmation de la société directement inspiré par la cybernétique)

Comment manipuler l’opinion en démocratie ?

Edward Bernays (1891-1995) fut l’un des pères fondateurs des «relations publiques» aux États-Unis. Conseiller pour de grandes compagnies américaines, dont GE, Procter Gamble et l’American Tobacco Company, Bernays a mis au point les techniques publicitaires modernes. »

Comment imposer une nouvelle marque de lessive ? Comment faire élire un président ? Dans la logique des démocraties de marché, ces questions se confondent. Dans ces sociétés, constate Edward Bernays, le pouvoir appartient à celui qui contrôle adéquatement les moyens d’influencer l’opinion. La démocratie moderne implique ainsi une nouvelle forme de gouvernement invisible : les relations publiques. Loin d’en faire la critique, l’auteur se propose au contraire d’en perfectionner et d’en systématiser les techniques à partir des acquis de la psychanalyse.

Un document édifiant où l’on apprend que la propagande politique moderne n’est pas née dans les régimes totalitaires, mais au cœur même de la démocratie libérale américaine. Incontournable en une époque où les modes de vie, autant que les opinions politiques, deviennent une affaire de perception. »

Voici quelques documents réalisé par Sylvain Timsit du site syti.net qui donnent matière à réfléchir 

En psychologie, une manipulation mentale est une méthode qui mène au contrôle des actions d’une personne sans son accord, via un rapport de pouvoir ou d’influence. Les méthodes utilisées faussent ou orientent la perception de la réalité d’un interlocuteur en usant d’un rapport de séduction, de suggestion, de persuasion, de soumission non volontaire ou consentie.

Cette notion protéiforme est récente dans ses contours, dérivée de la théorie du « lavage de cerveau » encore mal connue. Juridiquement, on lui préfère la notion de sujétion psychologique, le plus souvent dans le cadre d’accusations de dérives sectaires ou d’action d’ingénierie sociale. Par extension, les techniques de manipulations de l’opinion publique ou de manipulations de masse sont l’ensemble des moyens d’influence exercés sur une population à des fins économiques, militaires ou politiques. (Source : Wikipédia)

Les principes-clé déjà largement appliqués pour obtenir une société de « veaux » qui ne songeraient même pas à se révolter.

« Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes. L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées.

Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle.

Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité, et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif. Surtout pas de philosophie.

Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe: on diffusera massivement, via la télévision, des informations et des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser.

On mettra la sexualité au premier plan des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux. En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté, de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté.

Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur.

L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est: un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu. Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutiennent devront ensuite être traités comme tels. On observe cependant qu’il est très facile de corrompre un individu subversif: il suffit de lui proposer de l’argent et du pouvoir. » Extrait du livre « Sagesse et révolte » de Serge Carfantan.

Les stratégies et techniques des Maîtres du Monde pour la manipulation de l’opinion publique et de la société…

 

1  La stratégie de la diversion 

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes.

La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique.
« Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » (extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles« )

2  Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore: créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3  La stratégie du dégradé

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution si ils avaient été appliqués brutalement.

4  La stratégie du différé

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.
Exemple récent: le passage à l’Euro et la perte de la souveraineté monétaire et économique ont été acceptés par les pays Européens en 1994-95 pour une application en 2001. Autre exemple: les accords multilatéraux du 
FTAA que les USA ont imposé en 2001 aux pays du continent américain pourtant réticents, en concédant une application différée à 2005.

5  S’adresser au public comme à des enfants en bas-age

La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisant, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Exemple typique: la campagne TV française pour le passage à l’Euro (« les jours euro »). Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi?

« Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans. » (cf. « Armes silencieuses pour guerres tranquilles« )

6  Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

7  Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage.

« La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être de la plus pauvre sorte, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. » (cf. « Armes silencieuses pour guerres tranquilles« )

8  Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

9  Remplacer la révolte par la culpabilité

Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…

10  Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

Sylvain Timsit
© syti.net, 2002

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