Imaginez des salariés autonomes, sans contraintes horaires, organisant leur travail et fixant eux-mêmes les objectifs à atteindre. Une utopie ? Pas tout à fait.


Depuis plusieurs années, un nouveau courant traverse le monde de l’entreprise, un courant au sein duquel le bonheur du salarié est au centre des préoccupations car un salarié heureux est aussi un salarié plus productif. Les équipes de Tout Compte Fait sont allées à la rencontre de ces patrons et de leurs employés pour comprendre comment fonctionnent leurs entreprises, pour découvrir leur secrets et savoir si le bonheur au travail existe vraiment.

Frédéric Lalouxauteur du livre « Reinventing Organizations« , nous propose une étude comparative extrêmement détaillée des structures fonctionnant de manière non hiérarchiques. De ces modèles émergent de nouvelles formes de conception du management sous le signe de l’humanité et de la collaboration.

Souvent regroupées sous l’appellation d’intelligence collective, ce type de structure bannit le paternalisme d’entreprise dont les hiérarchies multiples participent finalement a la déresponsabilisation des employés devenus simples techniciens du projet capitaliste.

Le réseau horizontal remplace la pyramide, la décentralisation s’avère plus efficiente que la centralisation, la coopération plus enrichissante que la compétition ; a travers cette étude nous comprenons progressivement l’importance d’un tel développement organisationnelle.

Cette évolution se base sur 3 principes :

– Absence de hiérarchie et auto-gouvernance: l’entreprise se décide ensemble sur des bases d’écoute, de respect et de conseil.

– Plénitude: pouvoir être soi au travail

– Raison d’être évolutionnelle: absence de stratégie programmée et généralisée au profit d’une évolution collective répondant a la raison d’être de l’entreprise.

Cette conférence ne remet pas fondamentalement en cause le système économique dans lequel les entreprises évoluent actuellement, elle propose au contraire une évolution comme une pièce au puzzle de l’organisation humaine et collective nécessaire au progrès social mais également économique de l’humanité.

Une conférence passionnante et riche en information qui donnera certainement beaucoup d’idées à tous les groupes essayant de fonctionner avec des modèles d’organisations plus saints et plus humains, mais tout autant, sinon plus efficaces.

Bon visionnage !

Les bienfaits de la gentillesse en entreprise

On a trop souvent peur de passer pour faible en se comportant gentiment. C’est une erreur, estime le philosophe Emmanuel Jaffelin.

Tenir la porte à un collègue qui ne sourit pas en retour. Venir à la rescousse d’un confrère en détresse sur un dossier urgent, sans le moindre remerciement. La vie en entreprise est rarement présentée comme un havre de bienveillance et d’empathie. Et pourtant… Le philosophe et écrivain, Emmanuel Jaffelin, auteur d’un Eloge de la gentillesse en entreprise (First, 2015), évoque les bienfaits d’une telle attitude en cette huitième édition de la Journée de la gentillesse, ce jeudi 3 novembre.

  • Vous serez respecté et apprécié par vos collègues

On a trop souvent peur de passer pour faible en se comportant gentiment. C’est une erreur, selon Emmanuel Jaffelin : « Etymologiquement, le mot gentillesse ne rime pas avec faiblesse mais bel et bien avec noblesse [du latin, gentilis, “le noble, celui qui est bien né”]. Tenir la porte à celui qui vous emboîte le pas, est appréhendé comme gentil, car il y a une noblesse morale dans cet acte. »

En entreprise, on parlera souvent de bienveillance, mais ce terme suppose une hiérarchie. « Le surveillant de prison est bienveillant avec le détenu en prolongeant la durée de parloir ; le patron est bienveillant en autorisant une salariée à quitter son poste parce que son enfant est malade. Mais ni le prisonnier ni le salarié ne peuvent être bienveillants avec leur supérieur. »

Pour que votre comportement porte ses fruits, encore faut-il être sincère. Etre gentil, c’est vouloir rendre service à quelqu’un qui vous le demande, et sans escompter un retour sur investissement. « Il ne faut pas être gentil tout le temps, explique Emmanuel Jaffelin : la gentillesse est une morale du pouvoir et non du devoir. Je ne dois pas être gentil, je peux l’être. »

Par ailleurs, « si vous voulez garder votre humanité et votre crédibilité en tant que dirigeant, poursuit-il, vous pouvez montrer que vous avez des égards pour autrui, mais qu’ils sont occasionnels. Vous êtes un fort en entreprise, parce que vous pouvez être gentil, mais surtout pas parce que vous devez l’être ! Il n’y a pas de devoir de gentillesse. »

  • Vous serez le plus fort, même face aux chefs

La gentillesse est indifférente et hermétique à toute posture sociale et vient « casser » momentanément l’organigramme. « Quand un cadre d’entreprise tombe dans un couloir de la société qui l’emploie, illustre Emmanuel Jaffelin, et que l’hôtesse d’accueil vient l’aider à se relever, la hiérarchie n’est plus. Celui qui est fort est celui qui est dans l’empathie, pas celui qui a glissé. » Une manière agréable de faire un pied-de-nez aux échelons hiérarchiques.

  • Votre entreprise s’en portera mieux

La domination et l’écrasement ne font pas la force d’une entreprise, bien au contraire. Les sociétés où le quotidien est un western, avec son lot de « tueurs » et de « chacun pour soi », seront perdantes face à celles qui privilégient la douceur, l’intelligence émotionnelle et l’empathie. « Les salariés sont bien plus efficaces lorsqu’ils évoluent dans une atmosphère bienveillante », rappelle le philosophe.

Car l’entreprise peut être aussi une rampe de lancement de sociabilité. Une bonne ambiance de travail va se répercuter sur le moral des salariés, qui vont l’emporter chez eux, dans la rue, sur leur lieu de sport, leur lieu de culte… Au-delà de créer de la richesse économique, l’entreprise a cette mission de produire de la richesse morale, spirituelle et/ou psychologique.

Lire aussi : Etre gentil n’implique pas d’être con

Sur le même sujet


Source : france2.fr / 4emesinge.com / lemonde.fr

Publicités

2 commentaires

  1. Hello! Concernant le plaisir au travail, voire carrément l’épanouissement, il sera bon pour tous de prendre connaissance des travaux de Frédéric Laloux qui a conceptualisé tout ça depuis quelques années. En Hollande le système de soin à domicile est détenu à 75% par une entité privée fonctionnant sans hiérarchie avec des « employés » qui fixent eux-mêmes leurs salaires ! Et beaucoup d’autres aspects vraiment révolutionnaires. Et ça marche du « feu de Dieu » 😉

Laisser un commentaire