Selon le dernier rapport annuel sur la richesse réalisé par New World Wealth pour Knight Frank, le nombre d’individus détenant un patrimoine supérieur à 30 millions de dollars a augmenté de 6% en 2016, portant leur total à 193.490.


Ils ne représentent que 0,004% de la population, mais détiennent 13% de la richesse mondiale. Ce sont les «ultra-riches», ces individus qui disposent d’un patrimoine minimum de 30 millions de dollars. Ils étaient 193.490 en 2016, soit 6.340 de plus qu’en 2015. Selon le nouveau rapport annuel sur la richesse réalisé par New World Wealth pour Knight Frank, leur nombre devrait bondir de 43% d’ici 2026. Une prévision très optimiste qui doit largement à la bonne santé du secteur financier. «La performance des marchés boursiers en dollars a été un des facteurs majeurs sur la hausse des revenus. Dans de nombreux pays, cet élément a été beaucoup plus important en 2016 qu’en 2015», explique Andrez Amoils, responsable de la recherche de New World Wealth, dans un communiqué. L’instabilité politique créée par le Brexit d’une part, l’élection récente de Donald Trump d’autre part, reste cependant un facteur d’incertitude majeur qui pèse, à long terme, sur le climat des affaires. Pour Grainne Gilmore, responsable de la recherche sur l’immobilier résidentiel au Royaume-Uni chez Knight Frank, «la dynamique de création de richesse en 2016, bien que relativement modeste, était loin d’être évidente, d’autant que près des trois quarts des sondés ont mis en avant le trouble politique comme une menace importante pour créer de la richesse et préserver leur patrimoine».

L’Amérique du Nord rattrapée par l’Asie

Si les États-Unis poursuivent leur course en tête de ce palmarès avec 73.100 «ultra-riches», largement devant l’Europe (49.650) et l’Asie Pacifique (42.610), le continent asiatique marche sur ses plates-bandes. En 2026, l’écart entre les deux puissances économiques devrait se réduire et ne sera plus que de 7 068 personnes. Avec un rythme de croissance prévisionnel de 91%, contre 12% seulement en Europe, l’Asie devrait également largement dépasser l’Europe. De tous les pays du globe, le Vietnam devrait afficher la croissance la plus rapide d’ici 2026, avec une augmentation de 170% des personnes disposant de 30 millions de dollars ou plus, portant ainsi le total à 540. L’Inde est seconde, avec un taux de croissance prévisionnelle de 150% d’ici à 2026, et la Chine troisième (140%). En Europe, l’évolution la plus rapide concerne le Royaume-Uni: le nombre d’«ultra-riches» devrait ainsi augmenter de 30 % sur la prochaine décennie.

Cette dynamique s’accompagne d’une concentration toujours plus forte des richesses. Le rapport Global Risks 2017, établi à partir d’un panel de 750 experts scientifiques, économiques, politologues et rendu public en janvier dernier, pointe le risque d’accroissement des inégalités comme l’un des défis majeurs de la décennie.

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«Les salaires augmentent progressivement dans l’essentiel de la distribution puis font un bond soudain pour les 10% du haut de l’échelle salariale et plus encore pour le 1% des mieux rémunérés», insiste de son côté l’Organisation Internationale du Travail. Et l’évolution des rémunérations est très loin de suivre celle des revenus des plus riches. Toujours selon l’OIT, la croissance des salaires dans le monde serait tombée l’an dernier à son plus bas niveau en quatre ans. L’exemple de la Chine est particulièrement saillant: alors qu’en 2016, elle comptait 14.310 «ultra-riches», l’OCDE y dénombrait dans le même temps 43 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté.

Article initialement publié sur lefigaro.

Information relayée par cnewslci20minutes.

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