L’existence d’univers parallèles et de réalités alternatives fascine depuis longtemps le monde de la science-fiction, du fantastique, et titille l’imagination humaine en général. On trouve de nombreuses œuvres de fiction qui y font référence : des univers de Marvel à la saga « À la croisée des Mondes » de Philip Pullman, les exemples ne manquent pas.


Mais, outre l’intérêt narratif indéniable qu’elle peut représenter pour bien des œuvres de fiction,  l’éventualité de l’existence d’une ou plusieurs réalités parallèles suscite aussi un fort intérêt chez bien des penseurs, philosophes et scientifiques.

Ainsi, l’idée que la réalité ne se limite pas uniquement à notre univers « visible » est très ancienne, un exemple célèbre étant illustré dès l’antiquité grecque par Platon, avec le « monde des idées » et la fameuse allégorie de la caverne. Cependant, les scientifiques modernes s’y intéressent aussi de près.

En fait, il existe même un bon nombre de théories sur l’existence de ces « mondes parallèles », « multivers» ou « univers alternatifs ».  Ainsi, certains opposent la théorie des « many worlds » (duplication de la réalité en autant d’univers distincts) à celle des « many minds » (duplication en de nombreux observateurs d’une seule et même réalité).

La problématique de la présence d’antimatière dans l’univers, dont la quantité totale est largement asymétrique par rapport à celle de la matière (il existe plus de matière que d’antimatière, ce qui pousse à croire qu’il existe de l’antimatière « cachée ») questionne sur la présence d’un  « univers-miroir » symétrique au nôtre, dans lequel l’antimatière prendrait la place de la matière.

Des univers potentiels différents pour chaque conséquence possible d’un événement

Howard Wiseman, de l’Université Australienne de Griffith, a mené des recherches avec son équipe. Sa théorie pose l’existence d’univers parallèles au nôtre comme étant « très probable » voire même nécessaire pour résoudre certains problèmes physiques n’ayant jusqu’alors pas encore d’explication plausible.

Selon lui, de nombreux univers alternatifs coexistent sur le même plan, dans le même espace-temps que notre propre univers. Tous ces univers n’interagiraient entre eux qu’au niveau quantique.

Pour nous autres, pauvres mortels, les lois qui régissent la physique quantique sont très difficiles à conceptualiser. Nous avons du mal à nous les représenter, car ces lois ne se comportent pas de la même manière que certaines lois universelles que nous avons l’habitude d’observer et dont nous faisons l’expérience facilement au quotidien, comme c’est le cas de la gravité, de la force de friction, de la mécanique des fluides, etc.  La physique quantique, elle, est beaucoup plus « abstraite » et difficile à comprendre.

Dans les années 1950, on commence à voir apparaître la théorie des « Many worlds », qui suggère que lorsqu’un évènement survient (par exemple un astéroïde qui rentre en collision avec la terre), de nombreux univers alternatifs sont créés, dans lesquels chaque possibilité statistique existe de manière séparée.

Ainsi, il se trouve juste que nous vivons dans un univers dans lequel les dinosaures se sont éteints, mais cela pourrait très bien ne pas être le cas, dans un autre univers. Cela signifie qu’il existe un nombre exponentiel et virtuellement infini d’univers différents. Cependant, dans cette théorie, chaque univers existe de manière distincte, isolée et séparée.

Une autre version alternative de cette théorie a été proposée par Michael Hall : il s’agit de la théorie des « Many interacting worlds » qui, comme son nom l’indique, suggère que les différents univers peuvent également communiquer entre eux et qu’ils interagissent. Tandis que la première théorie des « Many worlds » voudrait que les différents univers générés par les probabilités existent dans un même temps mais pas dans un même espace, Michael Hall imagine de multiples univers dans un seul et unique espace-temps.

Pour Wiseman, tous les univers communiqueraient entre eux sur le plan quantique. Pour comprendre cette théorie, il faut se représenter une pile de cartes à jouer, dans laquelle chaque carte correspondrait à un événement. Lorsque le tas n’a pas encore été retourné, la première carte que vous retournez pourrait très bien être n’importe quelle possibilité… jusqu’à ce que vous tourniez effectivement la carte en « forçant » l’événement à se produire dans les faits. C’est un peu comme la célèbre expérience du «  chat de Schrödinger » dans laquelle le chat est théoriquement à la fois mort et vivant tant que l’on n’a pas ouvert la boîte.

Eh bien, notre théorie suggère, selon le principe de la physique quantique, que tous les univers parallèles se superposent, et qu’ils existent donc de façon simultanée dans toutes les configurations et combinaisons de probabilité possible… jusqu’à ce qu’un observateur (dans notre cas, la personne qui tournera la carte à jouer) force l’un des événements à se produire, ce qui produirait la « rupture » avec cet état d’inconnu dans lequel on se trouvait précédemment.

Pour Wiseman, « toutes les possibilités sont en fait réalisées : dans certains univers, l’astéroïde qui a détruit les dinosaures serait passé à côté de la Terre, dans d’autres univers  l’Australie aurait été colonisée par l’empire Portugais et pas par la couronne Britannique… »

Pouvez-vous imaginer à quel point le monde serait différent, si de simples séries d’événements s’étaient produits de manière différente ? Les possibilités sont quasiment infinies… Et le nombre d’univers potentiels aussi.

Bien entendu, rappelons que rien de tout cela n’est formellement prouvé : il s’agit simplement d’une projection théorique, une hypothèse qui attend d’être confirmée ou infirmée par la preuve, qui permettrait d’élucider certaines problématiques tout en en posant d’autres. Par exemple : serait-il possible pour un observateur humain de transiter d’un univers à l’autre, en passant par le plan quantique ?

Cela rendrait en théorie possible bien des choses… comme, par exemple, le voyage dans le temps.

 

 


Source : demotivateur.fr

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