Notre monde n’est pas nécessairement un programme informatique imaginé par de robots parasites et futuristes comme dans le film « Matrix ». Il présente pourtant une ressemblance frappante avec une simulation digitale ou un programme informatique, selon l’ingénieur Jim Elvidge.


Elvidge a travaillé pendant des décennies avec des technologies de pointe. Il possède une maîtrise en ingénierie informatique de l’Université de Cornell ainsi que différents brevets en traitement numérique du signal, et a publié des articles sur la télédétection et d’autres sujets reliés, dans des journaux scientifiques. En combinant sa connaissance des systèmes digitaux à la mécanique quantique, Elvidge a découvert que nous pourrions d’une certaine façon vivre dans un programme informatique.

La matière, ce que nous semblons toucher et ressentir, est en fait principalement de l’espace vide. Nos sens nous trompent.

Les premiers physiciens ont représenté les atomes comme des particules en forme de balles reliées les unes aux autres pour former des molécules. Les scientifiques ont plus tard découvert qu’il y a un espace important entre les atomes. Et il y a également beaucoup d’espace à l’intérieur de ces atomes. En allant plus profondément dans le monde subatomique, plus nous semblons trouver d’espace et moins de matière semble être trouvée. Ce qui est solide et tangible devient sans forme.

Quant à ce qu’est l’espace exactement, il y a de nombreuses compréhensions ou théories. Elvidge le considère comme de l’information. Il pense que la physique des particules progressant, nous découvrons finalement qu’il n’y a au final rien de fini ; la matière est simplement de l’information. Ce qui se trouve derrière cette information est quelque chose comme le code binaire d’un programme informatique. La conscience humaine pourrait par ailleurs vivre dans une sorte d’internet cosmique, accessible seulement par l’interface de nos cerveaux ordinateurs.

Un monde de l’information

Elvidge s’inspire des idées de l’influent théoricien de la physique John Archibald Wheeler (1911-2008) qui a écrit dans son livre « Geons, Black Holes and Quantum Foam : A Life in Physics » (Geons, trous noirs et mousse quantique : Une vie dans la physique) : « Il n’est pas déraisonnable d’imaginer l’information reposant au cœur de la physique, tout comme cela repose dans le cœur d’un ordinateur.  »

Wheeler résume sa théorie en ces mots : « It from bit. » (Cela issu du bit)

Tout est fait de bits ; le mot « bit » est définé comme l’unité basique de l’information, ou chiffre binaire, utilisé en connexion avec les ordinateurs.

Dans son article « Information, Physics, Quantum : The Search for Links », Wheeler écrit : « Chaque  »cela » – chaque particule, chaque champ de force, et même le continuum espace-temps lui-même – tient sa fonction, son existence même (même si c’est indirectement dans certains contextes) d’un ensemble de réponses à des questions par oui ou non, des choix binaires, des bits.  »Cela issu du bit » symbolise l’idée selon laquelle chaque objet de ce monde a un fond – un fond dans la plupart des cas très profond – , une source immatérielle et une explication. Ce que nous appelons la réalité se développe dans la dernière analyse des questions fermées qui sont posées et par le registre lié aux réponses choisies. »

Dans les choix binaires, les questions fermées, la conscience humaine peut donner cours à son libre arbitre. Wheeler appelle cela un « univers participatif ». Elvidge l’appelle « une réalité digitale conduite par la conscience ».

Les physiciens quantiques ont démontré que la matière existe dans un état indéterminé ou oscillant jusqu’à ce que l’observateur le fixe en une forme précise. Les photons peuvent par exemple exister dans une forme de particules ou d’ondes, mais c’est l’acte de les observer qui détermine la forme qu’ils prennent. C’est la conscience humaine qui conduit le changement.

Voici une expérience de pensée illustrant comment Elvidge applique ces observations de la physique quantique dans notre vie quotidienne par un « système digital ».

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Une promenade de la pensée

Considérez maintenant que votre environnement fait partie d’une réalité virtuelle digitale. Le stylo sur la table ou la fleur dans le jardin peuvent exister sous une forme essentiellement indéterminée. Tout ce qui est nécessaire est l’information, ou bits, qui détermine son aspect extérieur. Ce n’est que lorsque vous brisez le stylo ou observez les pétales de la fleur sous un microscope que le programme a besoin de charger plus d’information.

Ce n’est que lorsque quelqu’un observe quelque chose que cela devient « réel ». Autrement, l’intérieur du stylo ou la structure moléculaire de la fleur existent dans une sorte de potentiel indéterminé. Elvidge compare cela à la façon dont les particules subatomiques semblent se fixer d’elles-mêmes d’une forme indéterminée à une forme sous observation.

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Comment le cerveau est-il semblable à un ordinateur

Elvidge ne considère pas que la conscience prend son origine dans le cerveau. Elle aurait plutôt accès au cerveau. La conscience pourrait exister dans quelque chose de similaire à un réseau internet. Il explique que nous pouvons l’appeler le réseau, le lieu d’origine, Dieu ou le divin si vous voulez, bien qu’il n’utilise pas ces mots.

« Le cerveau est comme un cache de données », affirme-t-il. « Dans nos moteurs de recherche, nous avons des caches des derniers sites internet visités … Un cache est un moyen efficace de traiter l’information, et nos cerveaux pourraient faire la même chose. »

Si la conscience existe quelque part dans un réseau, elle pourrait par ailleurs accéder à de l’information en dehors du cerveau, par-delà l’expérience individuelle d’une personne. Il incite tout un chacun à écouter davantage son intuition.

« Nous n’avons plus la capacité de tout analyser », poursuit-il. Si vous prenez trop longtemps à réfléchir sur comment résoudre le problème, ce problème aura changé au moment où vous trouverez une solution dans ce monde à vitesse rapide. « Vous devez utiliser votre intuition », commente-t-il.

« Certaines des réponses au problème pourraient être situées quelque part dans votre cerveau, peut-être pas. » « Si vous méditez et demandez de l’aide pour résoudre un problème, vous obtiendrez souvent cette aide.  » L’inspiration peut venir d’autres personnes ou même d’autres entités dans l’internet cosmique où la conscience réside.

Sa compréhension de l’univers comme un système digitale ne veut pas dire qu’il considère l’existence comme difficile, froide et mécanique. Il y a une grande beauté dans « ce laboratoire d’apprentissage digital que nous appelons la vie ici sur Terre », partage Elvidge.

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Digital, mais également spirituel

Elvidge a cité comme preuve la réincarnation, par la citation du Journal of the American Medical Association en 1975 à propos du travail du chercheur sur la réincarnation, le Dr Ian Stevenson : « Concernant la réincarnation, il a soigneusement et rationnellement collecté une série de cas […] dans lesquels la preuve semble difficile à expliquer par toutes autres voies. »

« Mourir n’existe pas, ce n’est que la fin de la simulation », analyse Elvidge. Le mot  »simulation » a certaines connotations qu’il préfère éviter, mais pour des raisons pratiques, il utilise ce mot. « Spirituel » est également un mot qui porte certaines connotations, dit-il, sa théorie digitale incorporant de nombreux phénomènes que les gens considèrent comme spirituels.

Niels Bohr, l’un des pères fondateurs de la physique quantique, a découvert dans l’ancienne science chinoise du Taoïsme les vrais principes de la dualité et de l’inter-connectivité. Que vous l’appeliez le yin et le yang ou le code binaire, vous cherchez à décrire la profonde et fondamentale nature de la réalité.

À propos de la sagesse des anciennes pratiques spirituelles, Elvidge rapporte que « ces choses ne sont pas sorties de nulle part, elles viennent de l’expérience des gens ». Ils peuvent certainement contenir une part de vérité et ne devraient pas si facilement être rejetés comme faisant partie d’une autre époque.

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L’insaississable théorie du tout ?

L’espoir d’Elvidge serait qu’une réalité digitale conduite par la conscience puisse englober la théorie du tout longuement recherchée. Les physiciens ont cherché une théorie du tout pour réconcilier les désaccords apparents entre la physique classique et la physique quantique. Elvidge pense que la théorie digitale laisse la place aux phénomènes observés dans les deux.

En retraçant l’histoire des sciences et en s’avançant sur sa future course potentielle, Elvidge avertit que nous pourrions bientôt attendre un changement majeur. Dans un passé lointain, dit-il, les humains voyaient le monde à travers les frontières tribales. Les gens se sont plu tard rendu compte qu’il y avait plusieurs continents, une planète toute entière, d’autres planètes et systèmes solaires, d’autres galaxies. Les physiciens théorisent maintenant sur ces autres univers. Si vous mettez ces étendues de connaissance sur du papier logarithmique, cela forme une ligne droite. Il affirme que nous « étendons exponentiellement les frontières de notre pensée ».

Version anglaise : We May Be Living in the Matrix, Says Engineer

Notre monde est-il une simulation?

Nous considérons comme une évidence que ce que nous percevons comme «réel» est le reflet d’une réalité objective et physique. Que les atomes et les molécules qui constituent notre corps existent. Que les photons ont bien de l’énergie et se déplacent et que les neutrinos qui traversent notre corps sont des particules. Mais peut-être que notre univers, de la plus petite particule subatomique au plus grand amas galactique n’a pas de réalité physique. Peut-être s’agit-il que d’une simulation très complexe et très sophistiquée qui fonctionne dans une autre réalité!

Cette idée n’est pas vraiment nouvelle et était évoquée au 17ème siècle par le philosophe français René Descartes. Mais elle est de plus en plus partagée souligne The Guardian et renforcée à la fois par les limites de notre compréhension de la physique et de notre univers et par nos progrès fulgurants dans la création d’une réalité virtuelle. Ainsi, quand le milliardaire américain Elon Musk ne se consacre pas à son projet démesuré consistant à lancer des fusées afin de quitter la terre qui est en train de mourir et de coloniser Mars, il évoque souvent cette théorie selon laquelle la terre n’est pas vraiment réelle et existe seulement dans une simulation informatique. «Il y a une chance sur un milliard que nous vivions dans la réalité», a-t-il déclaré.

Mécanique quantique

Elon Musk n’est pas le seul à penser cela. Il y a de nombreuses personnes dans la Silicon Valley et dans la communauté scientifique qui trouvent assez solides les arguments en faveur de «l’hypothèse de la simulation». Notre expérience de la réalité serait en fait une simulation construite par un ordinateur géant créé par une intelligence bien plus grande que la notre. Un monde qui serait tout simplement celui de Matrix. Deux milliardaires de la Silicon Valley auraient même déjà, en secret, engagés des scientifiques pour briser cette simulation.

En 2003, Nick Bostrom de l’Université d’Oxford avançait l’hypothèse qu’une civilisation post humaine très avancée et disposant d’une puissance informatique considérable pouvait très bien avoir décidé de faire une simulation de l’existence de leurs ancêtres dans l’univers, c’est-à-dire nous. Cela expliquerait bon nombre de nos problèmes à comprendre justement cet univers de l’infiniment petit à l’infiniment grand et ce qui semble être les incohérences de la physique. Et depuis les progrès du virtuel et de la puissance informatique ont rendu cette hypothèse moins folle.

«Il y a 40 ans nous avions Pong, deux rectangles et un point. Aujourd’hui nous avons de la 3D de qualité photographique dans des simulations où jouent des millions de personnes simultanément et qui ne cessent de s’améliorer d’année en année. Et bientôt nous n’aurons plus la réalité virtuelle, mais la réalité augmentée», explique Elon Musk. «Si nous partons du principe que nous allons continuer à faire des progrès, alors les jeux deviendront bientôt impossibles à distinguer de la réalité», ajoute-t-il.

Il y a d’autres arguments en faveur de la simulation. Le fait que notre univers soit régi par des lois mathématiques et se décompose en particules subatomiques. Et le fait que le temps, l’énergie, l’espace aient des limites physiques. Cela permet la simulation ou la révèle… La simulation expliquerait aussi les spécificités de la mécanique quantique et en particulier le problème de la mesure et le fait que l’infiniment petit n’apparaît que quand il est observé.

Mais tous les scientifiques ne sont pas convaincus, loin de là. «Est-il possible que nous soyons dans une simulation? Oui. Sommes-nous probablement dans une simulation? Je dirais non», explique Max Tegmark, professeur de physique au MIT. Pour lui, il est difficile d’imaginer que les lois de la physique soient simulées et artificielles. «Nous avons beaucoup de problèmes à résoudre dans la physique et nous ne pouvons considérer que nos échecs sont le fait d’une simulation».

Un autre physicien de Harvard, Lisa Randall, est encore plus sceptique. «Il n’y aucune preuve de la simulation». Et elle ajoute que c’est faire preuve d’une grande arrogance que de considérer qu’une entité voudrait nous simuler, nous, et y consacrerait des moyens importants.


Source : epochtimes.fr / slate.fr

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