La distribution des principaux éléments constitutifs de la vie sur Terre a été étudiée pour plus de 150 000 étoiles dans la Voie lactée.


Le corps humain se compose à 97% de six éléments regroupés sous l’acronyme CHNOPS, pour carbone, hydrogène, azote, oxygène, phosphore et soufre. Ces éléments sont formés au cœur des étoiles si bien que de nombreux ouvrages de vulgarisation ont repris l’expression de l’astronome Carl Sagan qui nous qualifiait de « poussières d’étoiles ». Une vaste étude portant sur des étoiles de la Voie Lactée corrobore une nouvelle fois cette maxime.

Des proportions différentes

Les astronomes du Sloan Digital Sky Survey (SDSS), un programme de relevé des objets célestes lancé en 2000, ont utilisé le spectrographe APOGEE du télescope de 2,5 mètres installé au Nouveau-Mexique pour mesurer la distribution des CHNOPS sur près de 165 000 étoiles réparties au sein de la Voie Lactée. « C’est la première fois que nous pouvons étudier la distribution de ces éléments à travers notre galaxie pour un si grand nombre d’étoiles« , souligne Sten Hasselquist de l’université du Nouveau-Mexique. Fonctionnant dans le proche infrarouge, APOGEE perce les nuages de gaz et de poussières qui parasitent les observations pour obtenir un spectre « propre » de chacune des étoiles qu’il vise. Il a ainsi identifié sur toutes ces étoiles la présence des éléments qui composent le corps humain. Pas dans les mêmes proportions bien évidemment. L’homme est bâti de 67% environ d’atomes d’oxygène ; chez les étoiles c’est l’hydrogène qui domine largement et les autres éléments ne sont présents qu’en très faible quantité, moins de 1% en moyenne pour l’oxygène par exemple. L’enquête APOGEE révèle également que les étoiles  « intérieures », plus proches de centre de la galaxie et plus âgées recèlent de plus d’éléments lourds que les étoiles situées dans les bras de la spirale, comme notre Soleil. Le centre de la galaxie contient donc plus des matériaux qui ont conduit à l’apparition de la vie sur Terre. « Avec ces données nous pouvons déterminer quand et où la vie a eu les éléments nécessaires pour émerger dans notre galaxie. Nous disposons maintenant d’une sorte de frise temporelle des zones habitables de la Voie Lactée« , se réjouit Jennifer Johnson, de l’université de l’Ohio. Certaines des étoiles concernées par l’enquête du SDSS font également parti de l’échantillon ciblé par le télescope Kepler, le chasseur d’exoplanètes. 90 d’entre-elles sont susceptibles d’accueillir une ou plusieurs planètes dans leur système. Si l’existence de ces exoplanètes se confirment, les données d’APOGEE contribueront à choisir celles qui seront étudiées à la recherche d’éventuelle traces de vie.

cover-r4x3w1000-5877683fef887-elementsinspace_v6_dec30_10kb


Source: sciencesetavenir / sputniknews / sciencepost / maxisciences

Publicités

Laisser un commentaire