Une équipe internationale de neuroscientifiques pense avoir trouvé le moyen de supprimer les troubles anxieux comme les phobies ou le stress post-traumatique. Tout simplement en effaçant du cerveau les souvenirs de peur.


Une équipe de neuroscientifiques de Grande-Bretagne, du Japon et des Etats-Unis ont mis au point une nouvelle technique qui permet d’effacer du cerveau les souvenirs de peur spécifiques. Cette nouvelle méthode, appelée « neurofeedback decoded » fonctionne en identifiant les craintes dans le cerveau à l’aide de l’imagerie numérique et en remplaçant progressivement ces craintes par une récompense.

« Les zones de la mémoire qui étaient réglées pour prédire le choc douloureux ont été reprogrammées pour prédire quelque chose de positif à la place » explique le Dr Ai Koizumi, principal auteur de l’étude.

Modifier le souvenir en y associant une récompense

Pour cette étude publiée dans la revue Nature human behaviour , les neuroscientifiques ont mené une expérience auprès de 17 volontaires sains qui ont accepté de recevoir de brèves décharges électriques, afin de créer un souvenir de peur. Puis, lorsque la zone du cerveau associée à ce souvenir a été identifiée par IRM, les chercheurs ont modifié le souvenir en y associant une récompense. Cette procédure a été répétée trois jours de suite et progressivement, les craintes ont été remplacées par un souvenir positif.

Les chercheurs espèrent que cette technique pourra un jour aboutir à un traitement clinique pour les patients atteints de phobies ou de stress post-traumatique.

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Aberkane – Les autoroutes de la connaissance

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Dans la saga Matrix, le protagoniste Néo apprend le kung-fu, par un téléchargement rapide directement dans son cerveau. Nous sommes aujourd’hui en train de nous rapprocher de cette science-fiction là.

Les prémices de cette technologie naissent dans l’Antiquité, quand des médecins, notamment romains et égyptiens, s’aperçoivent qu’appliquer un poisson électrique sur le front d’un patient réduit ses migraines. Au début des années 2000, Raja Parasuraman, un des pères de la neuroergonomie moderne, découvre qu’une stimulation transcrânienne à courant direct (pour simplifier : une pile 6V connectée à un patch appliqué sur le crâne) peut accélérer l’apprentissage du pilotage d’un avion. En 2011, Kazuhisa Shibata et ses collaborateurs à l’Université de Boston parviennent à accélérer un apprentissage en stimulant directement le cortex visuel primaire. Quelques personnes résolvent un puzzle sur écran, on étudie l’activité de leur cortex visuel par imagerie à résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), puis on utilise l’IRM pour stimuler le cortex de nouveaux sujets qui n’ont jamais ni réalisé, ni vu ce puzzle. Résultat : ces sujets apprennent sensiblement plus vite à résoudre le puzzle du fait de leur stimulation en amont. On a donc bien accéléré l’apprentissage. Cette technique appelée Decoded Neurofeedback (DecNef), est un pas décisif vers « l’impression » d’une connaissance dans le cerveau, même si, bien sûr, elle ne peut pas s’appliquer à n’importe quelle connaissance.

Une société de recherche privée, HRL Laboratories, basée à Malibu, a mené une étude sur l’apprentissage du pilotage, en partenariat avec diverses universités américaines et la firme Lockheed-Martin. Matthew Philips et son équipe ont voulu savoir si la stimulation transcrânienne à courant direct pouvait accélérer l’apprentissage de l’atterrissage sur simulateur. Trente-deux apprentis pilotes droitiers ont ainsi été répartis en trois groupes : les uns recevant une stimulation électrique ultra-précise dans le cortex dorsolatéral préfrontal (une aire essentielle à la planification mentale), d’autres dans le cortex moteur gauche (celui qui coordonne les activités de la main droite), et les derniers un bonnet électrique mais aucune stimulation. Les performances des trois groupes ont été comparées sur une session d’apprentissage de quatre jours pour tenir compte de la consolidation, durant laquelle les apprentis pilotes sont stimulés lorsqu’ils apprennent mais pas quand ils dorment ou quand ils restituent leurs connaissances. Là aussi, même si l’échantillon testé est limité, les résultats de Matthew Philips confirment ceux de Parasuraman : on peut accélérer l’apprentissage du pilotage en stimulant le cerveau avec une pile de 6 volts, et un matériel qui, même s’il est très précis, ne coûtera bientôt rien et présente encore moins de danger qu’une IRM. On pourrait probablement accélérer ainsi l’apprentissage du piano, d’une langue ou des mathématiques, mais cela reste à tester.
Le rôle de telles découvertes est évident : accélérer les flux de connaissance peut changer le monde. Après les autoroutes de l’information, les autoroutes de la connaissance ?

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Source : fr.news.yahoo.com / lepoint.fr

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