Einstein a permis le développement de la physique quantique, entre autres découvertes. Malgré ses contributions à la science, il était d’avis qu’il est prudent de fixer des limites au développement de la pensée humaine.


Ignace Semmelweis était un médecin obstétricien à l’Hôpital général de Vienne, et le directeur adjoint du service d’obstétrique. Il était troublé de la forte incidence de la fièvre puerpérale dans son département de maternité, plus d’un dixième des jeunes mères mourant alors en raison de celle-ci. Cela se passait au milieu du XIXe siècle, une vingtaine d’années avant que le lien entre les bactéries et les maladies infectieuses ne soit prouvé. Comme il n’y avait pas encore une conscience de l’importance de l’hygiène, l’infection était fréquente dans le service d’obstétrique et les médecins allaient d’un patient sans se désinfecter les mains. Cette grande souffrance ne laissait pas Semmelweis indifférent, et en dépit de l’opposition du directeur de la clinique Johann Klein, le professeur Ignace Semmelweis commença à enquêter et à rechercher les causes de la maladie.

Les relations n’étant pas bonnes entre Klein et Semmelweis, ce dernier ne réussit pas à convaincre le directeur de la clinique de son idée novatrice. Mais Semmelweis était optimiste, et il obtient en mai 1847 la responsabilité du service d’obstétrique de la clinique. Le taux de mortalité des femmes prises en charge par le service d’obstétrique était alors d’environ 12 %. Semmelweis indisposa fortement le personnel médical lorsqu’il leur demanda immédiatement après sa prise de fonction de se désinfecter les mains en entrant dans la salle d’accouchement et dans les chambres de la clinique. Tout le monde en comprit pourtant la raison un mois plus tard quant les taux de mortalité avaient déjà chuté à 2,5 %, et encore d’1 % un an plus tard.Après une année de recherche, il en arriva à penser que les infections se développant dans le corps d’un patient pourraient avoir été transmises par les mains infectés du médecin, et il poussa ce raisonnement jusqu’à l’infection chez les femmes enceintes.

Malgré cette découverte impressionnante, Semmelweis souffrait d’un important complexe d’infériorité et avait des relations humaines fragiles, de sorte qu’il n’a pas osé faire reconnaître sa découverte. Il craignait les réactions très critiques de ses collègues et a donc refusé de donner des conférences ou d’écrire des informations à publier.

Lorsque Klein ne renouvela pas la nomination de Semmelweis à son poste, ce dernier vit son avenir professionnel menacé et la procédure de désinfection des mains fut annulée. Les taux de mortalité grimpèrent bientôt à nouveau, cette fois à 35 %. Semmelweis fit plusieurs tentatives de publications pour diffuser les connaissances acquises, mais reçu le ridicule et la colère de la communauté scientifique et médicale, peut-être en partie due à sa personnalité agitée et belliqueuse et le fait que de nombreux médecins se sont opposés aux demandes de se laver les mains. La prévention de la propagation des maladies dans les hôpitaux dû donc attendre encore 20 ans, jusqu’à ce que Louis Pasteur et Robert Koch réussissent là où avait échoué Semmelweis. Ils prouvèrent à la communauté scientifique et au grand public les effets des bactéries infectieuses.

L’un des aspects les plus tristes de cette histoire est qu’elle n’est pas un cas isolé. Tout au long de l’histoire, nous découvrons que de nombreuses découvertes scientifiques pourraient changer le monde, mais en raison des défis auxquels font face ces nouvelles théories, beaucoup d’entre elles n’ont pas réussi à gagner le soutien de la communauté scientifique et sont donc restées dans les tiroirs pendant un long moment. Comment se fait-il que cela soit si difficile pour notre science, ou peut-être pour nous en tant qu’êtres humains, d’accepter de nouvelles idées ?

L’historien et philosophe des sciences Thomas Kuhn a abordé ce phénomène dans son livre « La structure des révolutions scientifiques ». Tout au long de son développement, il rapporte de nombreux cas dans lesquels une nouvelle théorie scientifique ne correspondait pas au « paradigme » en place, étant même parfois contradictoire, et que les scientifiques ne pouvaient pas traiter car elle ne correspondait pas du tout à leurs notions acquises.

Ces nouveaux résultats ont par conséquent été ignorés par la communauté scientifique. Seulement plus tard, lorsque qu’assez de preuves ont été accumulées qui remettent en question le paradigme dominant, commence un processus douloureux et dramatique de révolution scientifique, sur lequel nous reviendrons plus tard. Penchons nous d’abord sur certains aspects des travaux de routine du scientifique ordinaire, qui peuvent aussi donner lieu à des défis qui rendent parfois difficile de faire avancer la recherche.

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