Après avoir observé pendant des décennies des particules comme les atomes, des physiciens ont commencé à utiliser leurs connaissances et les équations développées afin d’analyser les phénomènes sociétaux n’ayant pas d’explication claire. Certains les utilisent pour prédire les prix et les actions en bourse, d’autres essaient de comprendre ce qui provoque les révolutions et même les guerres.

« J’ai compris que lorsque nous essayons d’expliquer notre monde, nous utilisons encore les concepts et paradigmes du XIXe siècle et du XXe siècle. Nous sommes toujours à la recherche de l’ordre, comme l’ordre du monde minéral et du déterminisme. Mais la physique de ces cinquante dernières années a déjà découvert le chaos, les probabilités et le désordre. Nous n’avons en fait pas vraiment changé le paradigme et avons développé des nouveaux outils et des nouveaux moyens par lesquels nous pouvons observer et comprendre le monde plus largement. Je pense que la sociophysique peut grandement développer ces nouveaux moyens », indique le professeur Serge Galam, directeur de recherche au CNRS et l’un des fondateurs de la sociophysique, lors d’une entretien avec Epoch Times.

Il se passe dans le monde des atomes un grand nombre de phénomènes physiques semblables à ceux de la société humaine. Nous avons donc pensé que s’ils étaient si semblables, nous pourrions peut-être utiliser les outils que nous avons appris en physique mathématique et les appliquer à certains aspects de la société humaine.

Des similitudes peuvent être retrouvées entre le monde des atomes et la société humaine, particulièrement grâce à des outils mathématiques aidant les physiciens à décrire ces phénomènes. Le professeur Galam utilise de nouveaux outils mathématiques permettant d’analyser des phénomènes sociétaux variés n’ayant pas d’explication. Confortés par plus de trois décennies de recherche, le professeur Galam et d’autres physiciens suggèrent de nouvelles idées afin de prédire la valeur future des actions en bourse, ainsi que la compréhension des processus amenant à des guerres et des révolutions.

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Agir comme un seul corps

Beaucoup des modèles proposés par le professeur Galam et ses collègues se basent sur un phénomène commun du comportement collectif. Le monde physique que nous pouvons voir présente de nombreuses particularités, comme lorsque l’eau se refroidissant se cristallise en glace, les modèles d’eau s’organisant en pattern ordonné. C’est ce qu’explique le professeur Yuval Gefen de la faculté de physique de l’Institut Weizmann en Israël, qui a travaillé sur comment la glace bloque l’interaction moléculaire entre des molécules voisines encore liquides, permettant d’accélérer la formation de glace.

Le monde autour de nous, analyse le professeur Gefen, est fait d’un comportement collectif se développant par le résultat d’interactions entre nous, les humains. Par exemple, si se répand la rumeur qu’une banque a des difficultés et risque une faillite prochaine, tous les clients de la banque agiront comme un corps, et viendront voir la banque pour essayer de retirer leur argent. Un autre exemple en biologie est lorsque les poissons se déplacent en banc. Ils perdent alors leur individualité et décident de nager dans la même direction. Cela est le résultat d’un comportement collectif, fait remarquer Gefen.

Gefen explique que bien que certains chercheurs aient publié leurs travaux, ils ont préféré garder pour eux les connaissances acquises par leur recherche. Ces chercheurs prennent avantage des fluctuations du marché de façon à en obtenir les meilleurs profits.

La sociophysique permet de comprendre au niveau de la société ces phénomènes observés dans le comportement collectif des particules, et de développer des équations pour l’étude de nombreux phénomènes dans la société humaine. « Avec beaucoup de particules, ou dans le cas des humains, chaque acteur veut se comporter d’une certaine façon. Mais lorsque qu’ils sont sur le même terrain et organisent leurs interactions entre eux, comme un seul corps contenant beaucoup d’acteurs, ils peuvent alors agir différemment », explique Gefen.

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