Est-il crédible que 234 civilisations E.T. aient décidé de se signaler presque toutes en même temps en direction de la Terre à l’aide d’impulsions laser ? C’est la question que l’on peut se poser suite aux étonnants signaux trouvés par deux physiciens et astronomes. Des membres du programme Seti se préparent à les étudier.


Dans une sphère d’environ 1.000 années-lumière de rayon centrée sur le Soleil, on trouve environ un million d’étoiles qui lui sont comparables. Or, nous savons maintenant que les exoplanètes potentiellement habitables sont très répandues dans la Voie lactée. Il semble donc difficile d’échapper à la conclusion que la vie doit être très répandue également. Mais en ce qui concerne l’apparition de l’intelligence, et plus encore d’une civilisation technologiquement avancée, c’est encore le flou total et l’on ne peut que se perdre en spéculations. À ce niveau-là, rien n’a vraiment changé depuis que l’équation de Drake a été proposée pour évaluer le nombre des civilisations de ce genre avec lesquelles nous pourrions communiquer par radio.

Toutefois, il est possible que des civilisations E.T. ne cherchent pas vraiment à se signaler ou à communiquer en utilisant des ondes radio mais plutôt des impulsions laser dans le domaine visible ou peu s’en faut. L’hypothèse est ancienne puisqu’elle a été formulée par Schwartz et Townes en 1961, soit un an après l’invention du laser par Townes et deux ans après que Cocconi et Morrison aient proposé le concept de base du programme Seti. Elle a reçu un regain d’intérêt ces dernières années dans le cadre de ce qui est fort logiquement appelé Optical Seti.

Et visiblement inspirés par ces idées, deux physiciens de l’université de Laval au Québec ont surfé sur la vague créée par le projet Breakthrough Initiative lequel comporte deux parties. La première, la plus importante, étant Breakthrough Listen. Elle consiste à tenter de détecter des émissions de civilisations E.T. dans le domaine radio mais aussi sous forme d’impulsions laser. Il a notamment été mis en pratique, sans succès, avec l’énigmatique étoile de Tabby.

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234 civilisations E.T. développées ou un biais instrumental ?

Pas découragés pour autant, Ermanno Borra et Eric Trottier ont donc, comme ils l’expliquent dans un article déposé sur arXiv, compulsé des données collectées par le fameux Sloan Digital Sky Surveyconcernant 2,5 millions d’étoiles. Ils ont cherché dans les spectres d’étoiles de types solaires des caractéristiques qui trahiraient des impulsions laser destinées à la communication interstellaire. Avec des lasers déjà disponibles comme Helios du Lawrence Livermore National Laboratory, il a été montré que nous pourrions nous-même nous signaler facilement dans une sphère de 1.000 années-lumière de rayon. Une civilisation E.T. encore plus avancée ne devrait donc pas avoir de problèmes, ni technologiques, ni du point de vue de l’énergie pour faire de même sur des distances supérieures.

Borra et Trottier ont finalement trouvé des signaux étonnants venant de 234 étoiles. Ils pensent avoir écarté plusieurs biais possibles qui pourraient expliquer naturellement ces signaux. Leurs collègues du Breakthrough Listen, quant à eux, ne sont pas du tout convaincus, comme ils l’expliquent dans un communiqué. Pour eux, il s’agit très probablement d’erreurs instrumentales, mais comme ils veulent en avoir le cœur net, ils se préparent à observer ces étoiles avec un autre instrument, l’Automated Planet Finder Telescope de l’observatoire Lick, en Californie. S’il s’agit bien d’un problème propre aux instruments du SDSS, les signaux atypiques devraient disparaître dans cet autre télescope. Et même s’ils persistent, il se peut que cela soit un effet du processus du traitement du signal mal compris.

6 témoignages d’astronautes sur les Extraterrestres

Les ovnis nous ont toujours fasciné. Encore aujourd’hui, de nombreux témoignages sont rapportés chaque jours sur la présence d’Ovnis dans le ciel qui seraient la preuve de la vie extraterrestre. La grande majorité de ces témoignages sont purement fantaisistes. Cependant, lorsque ces témoignages sont livrés par des astronautes, cela prend une toute autre ampleur.

Qui est Jill Tarter, cette femme pionnière en recherche extraterrestre ?

L’actrice Jodie Foster l’avait incarnée dans le film Contact sorti en 1997. Jill Tarter est sans conteste une personnalité de premier plan dans la recherche de vies extraterrestres, mais pas seulement. Voici un petit retour sur l’incroyable parcours d’une femme forte dans un monde essentiellement composé d’hommes.

Âgée aujourd’hui de 72 ans, cette astronome américaine de renom a été une des premières scientifiques à chercher des extraterrestres de façon méthodique pour le SETI Institute, au sein du centre de recherches qu’elle dirige aujourd’hui. Il faut savoir que SETI signifie « Search for Extra-Terrestrial Intelligence » (recherche d’une intelligence extraterrestre).

Jill Tarter était passionnée par la perspective de trouver de la vie ailleurs, mais ce n’était pas son seul champ de recherche. L’intéressée est également connue pour avoir défini les « étoiles de masse insuffisante pour entretenir une fusion d’hydrogène », en créant le terme naine brune en 1975.

L’astronome, maintes fois récompensée notamment par la NASA, est également cofondatrice du HabCat, ou Catalogue de systèmes stellaires habitables, sous l’égide du Projet Phoenix créé en 1995 (issu du programme SETI), qui avait pour objectif de rechercher une intelligence extraterrestre par l’analyse des caractéristiques de signaux radio. Le HabCat contient actuellement 17 129 « étoiles habitables ».

Et pourtant, Jill Tarter était la seule fille d’une promotion 300 ingénieurs lorsqu’elle étudiait à l’Université Cornell (Ithaca, état de New York) dans les années 1960. L’astronome, interviewée récemment par Vice News, se souvient avoir été mise à l’écart au sein de la fac, puisque son dortoir était situé à l’autre bout du campus, alors que celui des garçons était juste à côté de leur école. La politique vestimentaire était également très stricte et Jill a été contrainte de porter une jupe, même en hiver. De plus, alors que les garçons s’entraidaient dans leurs travaux, elle se débrouillait seule, une situation frustrante qui l’a pourtant menée au succès.

Selon elle, depuis 40 ans, des progrès ont été réalisés pour plus de parité entre les hommes et les femmes, mais « de récents événements me laissent penser que j’avais tort », déclare-t-elle, en référence à l’astronome de renom Geoff Marcy, déclaré coupable fin 2015 dans une affaire de harcèlement à l’Université de Berkeley (Californie) où Jill Tarter avait également étudié.

« Les hommes de pouvoir – et plus généralement les gens qui ont dû pouvoir – cherchent à imposer leur domination sur les plus faibles. Ils cherchent des gens qui dépendent d’eux. Lorsque vous êtes à la fac, la dépendance envers votre professeur dure un certain temps, parce qu’il y a toujours la perspective d’avoir un emploi par la suite. »

Avant de devenir la directrice du centre de recherches SETI, elle a été à l’origine du développement de ce programme, poussée par sa curiosité envers l’existence de potentielles vies extraterrestres. À l’Université de Berkeley, elle fût attirée par un petit centre de recherche situé au bout du campus, dans lequel elle a commencé par programmer des ordinateurs obsolètes de type PDP-8. Le directeur de ce centre, qui allait devenir le SETI, avait fait passer à Jill Tarter un exemplaire du Project Cyclops (fichier PDF), un dossier de la NASA édité en 1971 résumant les avancées en matière de recherche de signaux artificiels en provenance de l’espace. C’est là que tout a commencé !

« Pendant des millénaires, on a demandé à des prêtres et des philosophes si nous devions croire en une vie extraterrestre. Et puis est arrivé le jour où nous avons eu les moyens adéquats pour vérifier ! Des télescopes, des ordinateurs et des ingénieurs pour récolter les informations. » indique la chercheuse.

Tout récemment, des signaux trouvés par deux physiciens et astronomes laissent penser que 234 civilisations extraterrestres auraient décidé de communiquer avec la Terre, des informations que des membres du programme SETI s’apprêtent à étudier. À suivre !


Source : futura-sciences.com / sciencepost.fr

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