Une équipe de chercheurs de l’équipe «ScanPyramids» a déclaré avoir détecté une cavité cachée au cœur de la pyramide de Khéops, ce qui laisse présager l’existence de couloirs.

Ce sont des particules cosmiques qui l’ont décelé : caché derrière la zone des chevrons sur la face nord de Kheops, un circuit inconnu pénétrant vers le cœur de la pyramide ! Cette découverte spectaculaire a été révélée ce 15 octobre 2016 par ScanPyramids, quasiment à la date anniversaire de cette mission internationale lancée en 2015 par l’Institut HIP et la Faculté des ingénieurs du Caire pour sonder de manière non destructive les grands monuments funéraires de la 4e dynastie.

Des images intrigantes sur la face nord de la pyramide de Kheops

Depuis plus d’un siècle, aucune trouvaille majeure n’a été réalisée dans la pyramide. Il a fallu la conjugaison des technologies les plus innovantes pour que l’énorme masse de pierre, aussi impénétrable qu’une boîte noire, révèle une structure inconnue. C’est l’infrarouge qui a donné le premier indice. Deux campagnes, destinées à mesurer le comportement thermique des pierres en surface, ont été réalisées, l’une par le spécialiste Jean–Claude Barré, l’autre par l’Université Laval (Québec). Elles ont montré des images intrigantes sur la face nord de Kheops.

Cette face est celle que les visiteurs découvrent lorsqu’ils arrivent sur le plateau de Guizeh. A une vingtaine de mètres de hauteur, quatre énormes chevrons de pierre émergent au centre d’une zone largement démantelée. Plus bas débute le couloir descendant relié au circuit de corridors qui mène à la chambre dite du Roi. Son entrée est traditionnellement considérée comme celle de la pyramide. L’anomalie thermique a été détectée au niveau des chevrons. « Leurs surfaces sont orientées de la même façon par rapport au soleil, il s’agit du même type de matériau, probablement de mêmes dimensions, donc, leur réponse thermique devrait en principe être très similaire, explique Clemente Ibarra, de l’Université Laval, à Québec. Ce qui n’est pas le cas. L’un d’eux notamment présente des écarts de température plus importants le jour ». Une autre pierre située juste sous les chevrons montre elle aussi un profil thermique très singulier.

« Il était difficile de tirer des conclusions définitives de ces résultats, explique le professeur Hany Helal, directeur de ScanPyramids. Mais ils apparaissent inattendus. Donc, pour nous, intéressants. D’où la décision d’explorer la zone avec d’autres approches. C’est toute la clé de notre mission : associer différentes techniques pour affiner nos résultats ».

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Révélation par les muons. A gauche, l’image que les particules cosmiques auraient dû donner dans le cas d’une pyramide sans anomalie de structure. A droite le résultat obtenu par les chercheurs après une campagne de mesures de 67 jours depuis le couloir descendant. Les trois capteurs de muons mis en œuvre ont révélé un excès significatif de particules dans la même direction, qui dessinent la forme d’au moins un couloir. La comparaison avec des simulations détaillées montre que cet excès est largement au–dessus de 5 sigmas. Un excès de 5 sigmas confirme un événement à 99, 9999 %. Cette valeur est communément utilisée en physique des hautes énergies comme le seuil permettant de valider une découverte. Crédit K. Morishima (Nagoya University) and Benoit Marini for ScanPyramids

Dans la zone des chevrons, on distingue une forme de couloir

L’équipe recourt alors à la muographie. Les muons sont des particules cosmiques qui tombent en permanence sur Terre. Capables de franchir des roches de grande épaisseur, ils permettent, à la manière de rayons X naturels, de radiographier les monuments en profondeur. En juin 2016, l’équipe de Kunihiro Morishima, de l’Université de Nagoya, a déployé trois films plastiques enduits d’une émulsion chimique sensible aux particules dans le couloir descendant. Leur mission : tenter de détecter une cavité au dessus d’eux.

Ces films ont déjà montré leur efficacité en obtenant une radiographie de la pyramide rhomboïdale de Dahchour au mois d’avril 2016. Parallèlement, la zone a été modélisée en 3D avec l’aide de la fondation Dassault Systèmes et de la société Emissive, avec une grande précision afin d’évaluer, notamment, l’impact des roches manquantes sur le flux de muons. Après 67 jours de pose, les films ont été développés à l’Université de Nagoya, puis analysés. Les trois plaques montrent un excès de muons dans la même direction. Après comparaison avec les images obtenues par le simulateur, le résultat est sans appel : dans la zone des chevrons apparait un vide important, on distingue même une forme de couloir. Ou de plusieurs qui se superposent ? A quoi est–il (sont–ils) relié(s) ? Jusqu’à quelle profondeur s’enfonce(nt) ce(s) corridors ? La position exacte du circuit, sa taille et sa forme doivent encore être affinés. Douze nouvelles plaques sensibles aux muons sont actuellement positionnées dans le couloir descendant. Leurs données seront collectées à la fin du mois d’octobre 2016.

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Ce qu’ont « vu » les télescopes du CEA sur l’arête Nord–Est de la pyramide de Kheops. Outre les encoches N1, N2 et N3, et la cavité C2 déjà connues, ils ont mis en évidence une nouvelle cavité d’environ 9 m2 nommée C1, à environ 105 mètres de haut. Les capteurs ont mesuré dans cette zone un excès statistiquement significatf de muons de 6,3 sigmas, une valeur qui en physique des hautes énergies, permet de valider une découverte. Crédit CEA/ Irfu pour ScanPyramids.

Une niche inconnue sur l’arête Nord–Est

Ce n’est pas la seule découverte annoncée aujourd’hui par ScanPyramids. Les particules cosmiques ont aussi mis en évidence une niche sur l’arête nord–est de la pyramide. Mais cette fois–ci grâce à un dispositif placé à l’extérieur du monument : trois télescopes à muons mis au point spécialement pour la mission par le CEA. Après avoir validé leur fonctionnement en visualisant une cavité déjà connue, située à 5 mètres de profondeur et d’une surface de 9 m2, l’équipe a eu la surprise d’en détecter une autre : celle–ci, jamais repérée, se situe à environ 105 mètres de hauteur, et affiche un volume équivalent à la première.

« Nous n’avons pas terminé d’analyser toutes nos données, souligne Sébastien Procureur, responsable scientifique pour le CEA. Mais nous avons d’ores et déjà noté d’autres anomalies potentielles ». Ce n’est peut–être qu’un début ! Aujourd’hui Kheops est littéralement bardée de capteurs.« Au cœur de la chambre dite de la reine, un scintillateur à muons, installé par le KEK (équivalent nippon du CEA), continue d’analyser la partie haute de la pyramide, précise Mehdi Tayoubi, codirecteur de la mission. Et des dizaines de plaques semblables à celles qui viennent de détecter le nouveau circuit tapissent le sol et la niche de cette même pièce ». Le CEA devrait aussi acquérir d’autres données en faisant tourner ses télescopes autour de la pyramide pour en analyser toutes les arêtes.

« Après un an de confrontation avec le terrain, nous avons prouvé que notre démarche fonctionne, conclut Mehdi Tayoubi. La multidisciplinarité est efficace, autant pour faire progresser chacune des technologies que pour fournir des données nouvelles à l’archéologie ». D’autres institutions scientifiques internationales comme le Fermilab (le Cern américain) ou Inria (Institut national de recherche en informatique et en automatique) ont manifesté le désir de rejoindre la mission.

La Révélation des Pyramides

Pour la première fois dans l’Histoire, un paradigme historique scientifiquement valide et solide vous est directement présenté, à lui seul capable d’ébranler la construction artificielle imposée par l’enseignement grâce au mépris des faits dérangeants : ces faits qui – de la taille des grandes pyramides parfois – n’entrent pas dans le palais officiel du savoir prétendu rationnel, et qui, tôt ou tard, remettront en cause nos connaissances. Ce que vous voyez dans ce film n’est que l’esquisse, la simple entrée en matière, les prémices du dévoilement de nombreuses découvertes, pourtant déjà capables de réorienter la pensée sceptique et l’inciter à réfléchir et à se repositionner. Ces faits vous appartiennent, et il est de votre devoir de les interroger jusqu’à ce qu’ils donnent enfin leur sève : la vérité.


Sources : parismatch.com / sciencesetavenir.fr / futura-sciences.com

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